Créativité & Tuto

Créativité & Tuto

Fabriquer sa propre peinture à partir de pigments minéraux

– Guide pratique (et un peu magique) pour artistes curieux – Dans la boutique du Lapisorium, je vous propose des pigments naturels issus de pierres semi-précieuses, réduits à une granulométrie fine (200 microns), prêts à l’emploi — pas besoin de jouer à l’alchimiste avec un mortier ! Vous pouvez plonger directement dans la création, sans transformer votre atelier en laboratoire de potions ! Si je fabrique mes propres aquarelles à partir de ces pigments, je sais que tout le monde ne rêve pas de lavis et de pinceaux trempés dans l’eau. . . Certains préfèrent la matière, l’opacité, l’huile qui sent bon l’atelier (ou pas), et la texture sous le couteau. Cet article est donc là pour vous : pour vous inspirer, vous guider et vous prouver qu’un pigment, ce n’est pas juste pour l’aquarelle ! Sommaire :  – Aquarelle artisanale – Gouache maison – Peinture acrylique – Peinture à l’huile – Tempera : la peinture à l’œuf Que faire avec ces pigments (en dehors de les admirer dans un petit pot) ? Voici ce que vous pouvez créer avec ces précieuses poudres colorées. Il vous suffit d’un liant adapté, et d’un soupçon de curiosité artistique : Aquarelle artisanale Liant : gomme arabique + glycérine + eau + miel (facultatif) C’est la base. Le combo parfait pour les amoureux de transparence, de superpositions subtiles et d’effets granuleux qui font « wouah » même quand on ne s’y attend pas. Gouache maison Liant : gomme arabique + craie (ou blanc de titane) + eau C’est l’aquarelle qui a mangé un peu trop de blanc – mais elle a bon goût. Elle est mate, couvrante, parfaite pour les aplats, les illustrations, ou les jours où vous n’avez pas envie de diluer votre art. Peinture acrylique Liant : médium acrylique (en boutique d’art) Mélangez le pigment à un liant acrylique, et bim ! vous avez une peinture moderne à l’aspect minéral, unique, qui résiste au temps et aux maladresses (et même parfois aux enfants)… Peinture à l’huile Liant : huile de lin + (optionnel) siccatif naturel On entre ici dans la catégorie « peinture avec du caractère ». L’huile donne aux pigments une profondeur incroyable. Ça sèche lentement (très lentement), mais c’est souvent comme ça avec les plus belles choses. 👉 Pour les artistes patients, passionnés. . . ou tout simplement nostalgiques des maîtres anciens. Tempera : la peinture à l’œuf Liant : jaune d’œuf + eau La tempera, c’est un peu la peinture préférée des maîtres anciens avant l’invention de l’huile. Moins de gens la connaissent et POURTANT ! Elle utilise un ingrédient que tout le monde a dans son frigo (et non, ce n’est pas du ketchup) : le jaune d’œuf. Le jaune d’œuf agit comme un excellent liant naturel. Il donne une peinture fine, lumineuse, très résistante au temps et qui sèche rapidement. Pour la fabriquer, on sépare le jaune du blanc (oui, comme en pâtisserie), on perce la membrane, et on le mélange avec un peu d’eau et de pigment minéral. 👉 Le rendu est mat, délicat, avec une finition veloutée très appréciée pour les icônes, fresques, enluminures… ou les artistes modernes qui aiment le vintage. 💡 Astuce : utilisez-la fraîche, elle ne se conserve pas très longtemps. (Encore une raison de ne pas peindre à 3 h du matin sur un coup de tête… ou alors, soyez rapide !) ⚠️ Le cas des pigments (trop) dangereux Certaines pierres ont beau être splendides, elles cachent un petit côté « vilain méchant toxique ». C’est le cas du : Rappelle-toi, je t’ai déjà tout expliqué d’eux : ici ! Ces pigments-là, on les admire. . . de loin. 💨 Sous forme de poudre, ils deviennent volatiles, toxiques, et franchement pas sympas pour vos poumons. 👉 C’est pourquoi je ne les vends pas sous forme de pigment sec, mais je les propose en aquarelle déjà liée, là où ils sont parfaitement sécurisés et prêts à faire des merveilles sur le papier — sans vous empoisonner. Oui, la beauté peut parfois être mortelle… mais pas chez Lapisorium ! Quelques précautions (même avec les gentils pigments) 🔐 Même si mes pigments sont prêts à l’emploi et non toxiques, un peu de bon sens artistique ne fait jamais de mal : Pourquoi faire sa peinture soi-même ? (spoiler : parce que c’est génial) ✨ Faire sa peinture, c’est : C’est un acte d’indépendance artistique. . . et franchement, c’est plutôt stylé non? Où trouver ces merveilles minérales ? 👉 Voir les pigments minéraux disponibles 👉 Explorer les aquarelles, y compris celles à base de cinabre, réalgar et orpiment (sans danger, promis) En résumé Créer ses propres peintures à partir de pigments minéraux, c’est comme cuisiner avec des épices rares : ça change tout. Les couleurs vibrent autrement. L’acte de peindre devient plus intime. Plus vrai. Plus ancré. Plus cérémonial. Et oui, n’oublions pas que chaque pigment est une pierre qui a voyagé dans le temps. À toi de la transformer en lumière. . . 🎨 Si tu as des questions, n’hésite surtout pas à m’écrire — je me ferai un plaisir d’y répondre avec joie et passion. 💌 À très vite, Nina créatrice du L a p i s o r i u m

Créativité & Tuto

L’art de fabriquer ses propres couleurs

L’aquarelle, avec sa transparence et sa légèreté, est d’après-moi l’un des médiums les plus poétiques de l’histoire de l’art. Bon, vous allez dire que je prêche pour ma propre paroisse. . . Mais saviez-vous que pendant des siècles, les artistes fabriquaient eux-mêmes leurs couleurs ? Aujourd’hui, alors que les palettes industrielles dominent, revenir à ces pratiques artisanales nous connecte à une tradition ancienne, et à un savoir-faire qui selon moi, serait triste de perdre. Les origines de l’aquarelle : un art millénaire Extrait du Livre de la Mort des Anciens Egyptiens L’aquarelle trouve ses racines dans l’Antiquité. En Égypte, les artisans utilisaient déjà des pigments naturels mélangés à de la gomme arabique pour décorer papyrus et fresques murales. En Chine, les lavis d’encre et d’aquarelle accompagnaient la calligraphie dès le IVᵉ siècle. En Europe, elle se développe à l’époque médiévale, utilisée par les enlumineurs pour illuminer les manuscrits sacrés avec des couleurs éclatantes. Les pigments étaient alors précieux : lapis-lazuli, or, vermillon… autant de trésors broyés à la main. Mais c’est à partir du XVIIIᵉ siècle que l’aquarelle devient un art à part entière. Avec des peintres comme Albrecht Dürer ou William Turner, elle se libère des contours stricts et devient un outil d’expression de la lumière, du mouvement et de l’émotion. 🖌 Quand les artistes fabriquaient leurs propres aquarelles Collection de pigments du 19ème siècle de Nathalie Beurier Avant l’ère des tubes et des godets standards, chaque peintre devait être aussi un peu alchimiste. Fabriquer ses propres couleurs faisait partie du processus artistique, et chaque atelier avait ses recettes jalousement gardées. ✦ 1. La quête des pigments Les pigments provenaient directement de la nature : Minéraux et pierres broyées : lapis-lazuli (bleu outremer), malachite (vert), cinabre (rouge vermillon). Terres et ocres : pour les bruns et les jaunes. Végétaux et insectes : cochenille (rouge carmin), indigo (bleu profond). Ces matières étaient broyées très finement au mortier puis tamisées pour obtenir une poudre impalpable. ✦ 2. Le liant : la gomme arabique Le médium classique était la gomme arabique, extraite de la résine d’acacia. Dissoute dans de l’eau distillée, elle servait à agglomérer les pigments et leur donner cette transparence si particulière. Pour éviter que la peinture ne devienne cassante en séchant, les artistes ajoutaient souvent un agent humectant naturel : miel, glycérine, ou sucre inverti. Un peu de clou de girofle ou d’essence de thym jouait le rôle de conservateur naturel. ✦ 3. Le broyage et le moulage Le pigment et le liant étaient broyés ensemble sur une plaque de verre ou de marbre avec une molette jusqu’à obtenir une pâte homogène. Cette pâte pouvait être : utilisée immédiatement pour peindre, ou moulée dans de petits godets en coquillage, bois ou métal, puis séchée pour un usage ultérieur. Recette historique : fabriquer son liant pour aquarelle (base) Molette utilisée pour la réalisation de peinture aquarelle artisanale Ingrédients : 10 g de gomme arabique en poudre (qualité alimentaire si possible) 60 ml d’eau distillée chaude 1 c. à café de miel pur (ou glycérine végétale) Pigment naturel (quantité selon la teinte désirée) Quelques gouttes d’huile essentielle de clou de girofle (optionnel, pour conserver) Matériel : Mortier et pilon (pour broyer le pigment) Spatule ou couteau de peintre Plaque de verre/marbre et une molette (muller) Petits moules (godets, coquillages, alvéoles, ou tout autres contenants de votre choix qui sera propre et résistant à l’eau) Étapes : Préparer le liant : Dissoudre la gomme arabique dans l’eau chaude. Ajouter le miel/glycérine et l’huile essentielle. Bien mélanger. Préparer le pigment : Broyer finement les pigments au mortier. Si besoin, laver la pierre et laisser sécher avant broyage. Tamiser pour éliminer les grains. Mélanger : Sur la plaque lisse, déposer le pigment. Verser peu à peu le liant. Broyer longuement avec le muller jusqu’à obtenir une pâte lisse et homogène. Couler : Placer la pâte dans vos contenants. Laisser sécher à l’air libre plusieurs jours. Utilisation : Une fois sec, humidifier et frotter légèrement le godet avec un pinceau pour réactiver la couleur. _______________________________________________________________ ✨ Pourquoi renouer avec cet art ? À une époque où tout est standardisé, fabriquer ses propres aquarelles est un véritable acte de résistance poétique, artistique, et écologique. C’est : – Se reconnecter à la matière et aux gestes ancestraux, – Créer des couleurs uniques, avec une texture vivante impossible à reproduire industriellement, – Pour les artistes, une façon d’ajouter une dimension alchimique à leur pratique. – La possibilité de pouvoir peindre sans avoir les déchets d’emballage de peinture et autres, – Pouvoir peindre avec une qualité de peinture incroyablement pigmentée, naturelle, et authentique. . . Je pourrais encore vous donner mille et un arguments pour vous convaincre que fabriquer sa propre peinture ou utiliser des couleurs artisanales, c’est absolument merveilleux… Mais en réalité, rien ne vaut l’expérience. Essayez, et vous comprendrez ! À très vite ✨ Nina