Nom de l’auteur/autrice :Lapisorium

Vie ma vie en artisanat

Mon journal illustré : ce que ça a changé

Pendant longtemps, je me suis dit que je n’avais plus le temps de créer. Ou plutôt. . . pas le temps de créer “vraiment”. Les grands projets. Les illustrations abouties. Celles qui demandent des heures, de la concentration, de l’espace mental. Alors je ne faisais plus rien. Ou presque. Puis, presque sans réfléchir, j’ai commencé un journal illustré. Au départ, c’était simple. Quelques mots. Un petit dessin. Rien de très ambitieux. Pas de pression. Pas d’objectif. Et surtout. . . pas d’attente. Mais derrière ce geste très simple, il y avait autre chose. Quelque chose de plus ancien. Il y a plusieurs années, j’ai eu un accident de voiture avec traumatisme crânien. Et avec lui. . . une mémoire devenue un peu plus fragile. Aujourd’hui encore, j’ai parfois l’impression qu’elle me joue des tours. Qu’elle me glisse entre les doigts plus vite qu’elle ne devrait. C’est étrange, d’avoir 30 ans et de douter de ses souvenirs. De chercher des détails qui ne reviennent pas. Ou de sentir que certaines choses se sont déjà effacées. Alors j’ai pris l’habitude de noter. De garder des traces. D’une manière ou d’une autre. Pas forcément pour tout figer. Mais pour ne pas tout perdre. Parce que vivre les choses, c’est essentiel. Les ressentir, encore plus. Mais s’en souvenir. . . c’est ce qui leur permet d’exister une seconde fois. Et c’est là que mon journal illustré a pris une autre dimension. Une trace, plutôt qu’un résultat Ce journal n’est pas là pour être beau. Ni pour être montré. Il est là pour garder. Un moment. Une sensation. Une pensée. Parfois quelque chose d’infime. Mais qui, sans ça, disparaîtrait. Créer pour ne pas oublier Dessiner une journée, même rapidement, c’est lui donner une forme. Une existence. C’est la sortir du flou. Et lui permettre, plus tard, de revenir. Et ce qui est encore plus beau, c’est de pouvoir illustrer ces moments avec mes propres aquarelles du Lapisorium. Retrouver autrement Il m’arrive de feuilleter des pages anciennes. Et de retrouver des moments que j’aurais oubliés. Des détails. Des émotions. Comme si une version passée de moi avait pris le relais, au cas où. Accepter une autre manière de créer Ce n’est pas une grande œuvre. Ce n’est pas spectaculaire. Mais c’est constant. Présent. Et profondément nécessaire. (Easier said than done. . . mais finalement, ça tient.) Une mémoire vivante Ce journal n’est pas seulement un espace créatif. C’est une mémoire extérieure. Une façon de conserver ce que je vis, quand ma propre mémoire ne suffit pas toujours. Aujourd’hui, je ne dirais pas que j’ai retrouvé “le temps de créer”. Mais j’ai retrouvé quelque chose de plus essentiel. Une manière de rester en lien avec ce que je vis. De ne pas le laisser disparaître complètement. Et peut-être que créer, finalement, ce n’est pas seulement produire. C’est aussi. . . se souvenir. ✨ Nina Alchimiste du Lapisorium

Vie ma vie en artisanat

Revenir après une pause : ce que j’ai compris du silence

Comme vous avez sûrement pu le remarquer, depuis janvier, je me suis faite beaucoup plus discrète. Bon. . . en réalité, j’étais carrément absente. Disparition officielle. Rideau. Silence radio. Et à vrai dire, moi-même, je ne sais pas exactement ce qui s’est passé. Mais j’ai l’impression qu’une prise de conscience s’est installée. Doucement. . . puis d’un coup. Sur beaucoup de choses. Comme je le dis souvent :  » Savoir ce que l’on veut, c’est bien. Mais savoir ce que l’on ne veut pas, c’est encore plus important. » Ces derniers mois, ma vie personnelle a pris beaucoup plus de place que ma vie professionnelle. Je le vois notamment à mon compte Instagram personnel, bien plus actif que ces deux dernières années. (Comme quoi, j’étais vivante. Juste ailleurs.) J’avais besoin de revenir à la base. Depuis l’été dernier, la boutique a littéralement explosé. Et je me suis retrouvée embarquée dans un rythme de travail. . . disons. . . sportif. Très sportif (mais sans l’échauffement.) Bien loin de ce que le Lapisorium représentait à l’origine pour moi. Car le Lapisorium a toujours été. . . plus qu’un travail. Une passion. Un espace de création. Un laboratoire d’exploration. Et surtout, quelque chose qui ne devait jamais devenir une obligation. Et pourtant, malgré toutes les bonnes intentions du monde. . . quelque chose a glissé. À partir du moment où ce n’est plus un plaisir, l’envie disparaît. Et ces derniers mois, ne pas travailler pour le Lapisorium est devenu source de stress terrible. Ce qui est, vous en conviendrez, un comble assez impressionnant. Le Lapisorium reste un plaisir. Mais depuis janvier, le temps que je lui ai consacré a été bien moindre. Non pas par manque d’envie. Mais par manque très concret de temps. (Les journées n’ont toujours pas accepté de passer à 48h, j’ai vérifié.) Ma vie personnelle s’est accélérée. Les projets pour 2026 se sont enchaînés. Et j’ai cette sensation très forte que cette année sera dense, riche, intense. . . et probablement un peu chaotique. Mais dans le bon sens du terme. En parallèle, je travaille actuellement sur un nouveau projet pour le Lapisorium, qui viendra faire évoluer l’apparence des godets d’aquarelle. L’essence de la marque restera la même, bien sûr, avec toujours cette attention portée aux matériaux durables. Mais l’esthétique va évoluer, et l’organisation aussi. . . pour me simplifier la vie. Mais surtout, cette période m’a obligée à revenir à l’essentiel. Pourquoi ai-je créé le Lapisorium ? Au départ, il y avait une curiosité. Scientifique et artistique. L’envie de créer mes propres pigments. De fabriquer ma propre peinture, pour des raisons écologiques, mais aussi pour comprendre, expérimenter, explorer. Puis est venue l’envie de partager. Parce que cette peinture minérale artisanale est, à mes yeux, profondément en phase avec notre époque. Mais à l’origine. . . je l’ai créé égoïstement pour moi. Pour nourrir ma créativité. Pour ne jamais manquer de matière pour mes propres projets artistiques. Et aujourd’hui, force est de constater que cette part-là a presque disparu. Ma production personnelle a drastiquement diminuée, pour ne pas dire complètement disparue. Les grands projets d’illustration ont laissé place à la production pour la boutique. Seul mon journal illustré m’a permis de garder un fil. Une présence créative quotidienne. Même petite. Même imparfaite. Mais ce n’est pas suffisant. Je ne veux pas que le Lapisorium devienne une contrainte. Ni une source de pression. Je veux qu’il reste ce qu’il a toujours été : un espace de création, de recherche, d’alchimie. Alors aujourd’hui, j’ai réfléchis à une nouvelle organisation. Peut-être ouvrir la boutique ponctuellement, une semaine par mois, par exemple, et la fermer le reste du temps. Pour retrouver un équilibre. Pour respirer. Et surtout. . . pour créer à nouveau. Vraiment. Je serais très curieuse d’avoir vos retours sur cette idée. La bonne nouvelle, c’est que si je vous raconte tout ça aujourd’hui, c’est que j’ai fait le point, remis les choses à leur place. . . et que je suis de retour. À très vite, Nina, alchimiste du Lapisorium ✨

Couleurs & Collections, Minéralogie

La vivianite : un pigment bleu qui travaille avec le temps

À l’aquarelle, on apprend assez vite une chose essentielle : nous ne sommes pas seul responsable de notre oeuvre. L’eau a son mot à dire, le papier aussi. . . et parfois le pigment décide, lui aussi, d’exprimer une opinion. La vivianite appartient clairement à cette dernière catégorie de pigment. C’est un bleu profond, élégant, fascinant. Mais c’est surtout un pigment qui refuse d’être figé. Une œuvre à la vivianite n’est jamais “terminée”. Elle vieillit en public. Ce n’est pas une image poétique. C’est une conséquence directe de sa nature minéralogique. Un bleu qui n’existe pas immédiatement À l’état naturel, la vivianite est presque décevante. Elle apparaît souvent : Autant dire qu’elle ne fait pas une entrée fracassante. . . La raison tient à l’un de ses composants principaux : le fer. Dans la vivianite fraîche, le fer se trouve dans une forme chimique très sensible à l’oxygène. Tant qu’il est protégé de l’air, la couleur reste discrète. Mais dès que la pierre est : le fer change progressivement d’état. Ce changement modifie la manière dont la matière interagit avec la lumière. . . et le bleu apparaît. 👉 Le bleu de la vivianite n’est donc pas appliqué de base. 👉 Il se révèle avec le temps. ( La vivianite considère visiblement que la couleur mérite maturation. ) Pourquoi le broyage change déjà la couleur Transformer la vivianite en pigment n’est pas un geste neutre. Le broyage : Plus le broyage est fin, plus la couleur apparaît rapidement et intensément. Un broyage plus grossier, au contraire, laisse subsister des zones plus claires qui bleuiront lentement. Résultat : Deux pigments issus de la même pierre peuvent produire des bleus différents. À l’aquarelle : une beauté… évolutive Utilisée à l’aquarelle, la vivianite offre : Mais elle continue aussi à évoluer après l’application. Avec le temps, elle peut : Ce comportement explique pourquoi la vivianite n’a jamais été un pigment classique dans l’histoire de la peinture. Les artistes ont toujours aimé les bleus. . . mais ils ont longtemps préféré qu’ils restent exactement là où on les avait posés et surtout comme on les avait posés. Pourquoi choisir un pigment aussi indiscipliné ? Certainement pas pour : En revanche, elle devient précieuse si tu aimes : Peindre avec la vivianite, c’est accepter que le tableau continue sans toi. Avec élégance, mais sans te demander la permission ! 🎨 Un pigment profondément accordé à l’esprit de l’aquarelle L’aquarelle en elle-même est déjà une pratique du lâcher-prise. La vivianite pousse simplement cette logique un peu plus loin. Elle introduit une dimension supplémentaire : le temps cesse d’être un ennemi de l’œuvre et devient un co-auteur discret. Ce que tu poses sur le papier aujourd’hui n’est pas exactement ce que l’on verra demain. Et finalement, c’est peut-être là que la vivianite trouve sa place naturelle : dans une peinture qui accepte de respirer, de changer, de vieillir. En conclusion La vivianite n’est pas un pigment pour toutes les palettes. Mais pour celles et ceux qui aiment : Elle offre quelque chose de rare : une peinture qui ne s’arrête pas au séchage. Et parfois, accepter qu’une œuvre change, c’est peut-être la forme la plus élégante d’être un artiste. 💙

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Le « Rouge Alchimique » est une couleur à part

Le Rouge Alchimique est un rouge profond, chaud et vibrant, issu d’un minéral rare et fascinant : le cinabre pur. Il s’agit d’un pigment ancien, utilisé depuis plus de trèèèèèès longtemps, bien avant que les couleurs aient besoin d’un discours pour exister. Une pierre rare, née du feu Le cinabre (HgS) est un sulfure de mercure naturel, formé dans les zones volcaniques, là où le soufre et les métaux se rencontrent dans des conditions peu compatibles avec la douceur, mais très efficaces pour produire de la couleur. C’est cette composition particulière qui lui donne sa teinte rouge vermillon intense, presque lumineuse. Un rouge reconnaissable immédiatement, même sans avoir un doctorat en pigments. . . On le trouve notamment dans les mines d’Almadén en Espagne, en Chine et en Amérique du Sud. Il est extrait depuis plus de 2 000 ans. (Autrement dit, si c’était une mode, elle serait passée depuis longtemps.) Travailler le cinabre, c’est manipuler une matière précieuse, réputée pour sa forte concentration pigmentaire (ceux qui l’ont essayé le savent 😏 . . . ). Une petite quantité suffit laaaargement. Ce pigment n’a jamais apprécié les excès. Vermillon, cinabre. . . remettons les choses en place Historiquement, le vermillon et le cinabre sont intimement liés. Pendant l’Antiquité et une grande partie du Moyen Âge, le vermillon utilisé en peinture était tout simplement du cinabre broyé. Plus tard, les alchimistes ont appris à fabriquer du cinabre artificiellement, en faisant réagir le mercure et le soufre. Le résultat était toujours le même chimiquement : HgS. Naturel ou synthétique, le vermillon restait du cinabre. C’est donc bien ce vermillon-là, à base de sulfure de mercure, qui a été progressivement abandonné dans la peinture industrielle moderne pour des raisons de toxicité. Alors oui, parlons toxicité (et non, ce n’est pas un scénario catastrophe) C’est souvent à ce moment-là que la question tombe : “- Mais, Nina. . . le vermillon, c’était toxique, non ? Le cinabre, c’est du mercure donc, pourquoi tu travailles avec ça ?!” – Oui. Je sais. Mais regarde, on va poser les choses calmement et tu vas voir que tu vas comprendre. Le cinabre est dangereux : Et maintenant, regardons la réalité. 👉 La peinture n’est pas volatile 👉 Elle n’est pas faite pour être mangée 👉 Et, sauf surprise, personne n’a encore jamais remplacé sa sauce tomate par une sauce au cinabre sur ses pâtes. Le vermillon au HgS a été abandonné par précaution, notamment dans un contexte industriel, où les risques concernaient surtout : Cela ne signifie pas que chaque tableau peint au vermillon était une arme chimique (Vous imaginez le Louvre. . . 😂 Tchernobyl épisode 2). Dans un cadre artistique conscient STRICT, avec des règles de base (ne pas lécher son pinceau, ne pas inhaler le pigment, se laver les mains), le cinabre est une matière stable, utilisée pendant des siècles sans provoquer d’hécatombe de peintres. Pourquoi “Rouge Alchimique” ? Le nom Rouge Alchimique vient directement des alchimistes et de leur relation au mercure. Pour eux, le mercure n’était pas un simple métal, mais le principe du mouvement, de la transformation, de ce qui circule et se modifie. Le cinabre, union du mercure et du soufre, occupait donc une place centrale dans leurs recherches. Le Rouge Alchimique hérite de cet héritage-là. Pas d’un effet de style, pas d’un concept abstrait, mais d’une tradition très concrète. ( Et non, cela n’implique aucun projet secret de destruction massive de la population artistique par l’aquarelle. ) Le Rouge Alchimique en aquarelle En aquarelle, le Rouge Alchimique révèle une large palette de nuances. Très dilué, il devient un corail clair, lumineux et net. Plus concentré, il offre un rouge profond, proche du carmin, dense et affirmé. Selon la lumière, il peut tirer vers des nuances orangées chaudes ou laisser apparaître de subtils reflets dorés. Une teinte historique Voilà pourquoi, malgré sa réputation parfois effrayante (à tort, comme nous l’avons vu), j’affectionne profondément cette couleur. Le Rouge Alchimique est pour moi un véritable hommage historique. Un hommage à ces hommes qui, bien avant la chimie moderne, ont été les scientifiques de leur temps. Par leurs recherches, leurs expérimentations et leurs tâtonnements, les alchimistes ont posé les bases de connaissances qui ont profondément influencé les siècles suivants. Travailler cette couleur, c’est prolonger cette tradition où la couleur n’était pas un simple choix esthétique, mais le résultat d’un travail de transformation, de compréhension et de maîtrise de la matière. Chaque grain de cinabre rappelle que ce type de rouge demande de la rigueur dans sa création, des précautions et un savoir réel sur la composition des pierres. Chaque grain nous rappelle que ce qui est naturel peut être également impitoyable, mais ce n’est pas pour autant qu’il faut en avoir peur, il faut simplement apprendre à la connaitre et ne pas faire n’importe quoi avec. . . 🎨 Peindre avec cette merveille, c’est donc choisir une couleur historiquement chargée, exigeante et pleinement assumée. Une teinte pour celles et ceux qui aiment savoir ce qu’ils utilisent, et surtout pourquoi.

Couleurs & Collections

Larmes d’Hermès — Le gris messager du Graphite

Certaines couleurs semblent silencieuses, et pourtant elles parlent. Elles racontent le geste, la pensée, le passage du souffle à la matière. La couleur Larmes d’Hermès appartient à cette famille-là : un gris noble, doux et lumineux, inspiré du graphite pur, minéral du trait, de la trace et du mouvement. Un gris discret, mais habité. . . ✨ Celui qui ne cherche pas à briller, mais qui retient la lumière. 🔹 Une pierre de passage Le graphite est une forme naturelle de carbone cristallisé, cousin calme et mat du diamant (Mais pourquoi tu dis ça Jamie 🤓? Et bien tout simplement parce que le diamant, est du carbone PUR 🥸) . Né dans les profondeurs de la Terre, il se forme sous de fortes pressions et températures, dans les roches métamorphiques. On le trouve dans les Alpes, au Sri Lanka, en Inde, au Canada, et dans bien d’autres régions où le temps façonne la matière. Doux, argenté, légèrement métallique, le graphite a longtemps fasciné les artistes et les inventeurs. C’est lui qui trace, qui pense, qui relie — le minéral du mot, du dessin et de l’idée. 🔹 Une matière messagère Depuis des siècles, le graphite accompagne les créateurs. C’est la poussière qui devient esquisse, le gris qui devient pensée, la matière qui transforme un geste en signe (c’est beau n’est-ce pas. . . ?) Il a servi aux premiers croquis des maîtres, aux carnets de voyage, aux dessins d’architectes et de poètes. 🔹 Pourquoi “Larmes d’Hermès” ? Hermès, dans la mythologie grecque, est le messager des dieux — le seul capable de voyager entre les mondes : du ciel à la terre, du visible à l’invisible. C’est aussi le protecteur des voyageurs, des artisans et des inventeurs, celui qui fait circuler les gestes, les idées et les mots. Ses larmes ne sont pas de tristesse. Ce sont des traces de passage, des perles de lumière laissées derrière lui à chaque traversée. Des éclats qui tombent entre les mondes, symboles du lien entre l’esprit et la matière. Le graphite, avec ses reflets d’argent et sa douceur métallique, incarne parfaitement ce symbole. Il glisse, il relie, il laisse une empreinte — discrète mais essentielle. C’est la larme du dieu en mouvement, le signe que quelque chose d’immatériel est devenu réel. Les Larmes d’Hermès, c’est la poésie du trait : ce moment suspendu où la pensée prend forme, où la main devient messagère de ce qu’on ne sait pas encore dire. Un gris noble et lumineux, symbole de passage, de création et de communication. (Bon, mais si ça ne vous parles pas, et bien dites vous simplement que j’aimais beaucoup ce nom, ça ira aussi!) 🔹 La couleur en aquarelle Sous forme d’aquarelle, le Larmes d’Hermès déploie toute la richesse du graphite. En lavis légers, il se fait gris perlé, clair et aérien, presque translucide. En concentration plus dense, il devient gris anthracite profond, aux reflets d’acier ou d’argent selon la lumière. C’est une teinte vivante, souple et moderne, parfaite pour les ombres, les paysages brumeux, les esquisses minimalistes. 🔹 Un gris d’esprit et de mouvement Créer le Larmes d’Hermès, c’est rendre hommage à ce que le graphite a toujours été : une passerelle entre le geste et la pensée, entre le visible et l’invisible. C’est une couleur pour ceux qui aiment les nuances, les contrastes, les moments calmes où l’inspiration s’installe sans prévenir. 💫 Peindre avec le Larmes d’Hermès, c’est peindre avec une couleur messagère, née de la pierre qui relie la main, la lumière et la pensée.

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La malachite en couleur : mon Vert Émeraude fait main

Le Vert Émeraude prend racine dans la pierre même : la malachite, minéral ancien, dense et vibrant, qui concentre en lui toute la profondeur du vert terrestre. C’est un vert vivant, élégant et intemporel. Un vert qui respire la nature et la lumière. . . et qui finit parfois par se déposer légèrement sur les mains de celui qui le prépare (preuve de dévouement artisanal). Une pierre née du cuivre La malachite est un carbonate de cuivre (Cu₂CO₃(OH)₂), formé lentement dans les zones d’oxydation des gisements métallifères. Lentement, vraiment. Disons que si elle avait un profil Tinder, elle cocherait sûrement la case “prend son temps”. Le genre de formation qui vous fait relativiser votre propre impatience pendant le broyage : après tout, quelques minutes au mortier, ce n’est rien face à quelques milliers d’années de cristallisation. Ses cristaux se déposent en couches successives, dessinant des volutes et des cercles concentriques qui en font l’une des pierres les plus reconnaissables du monde minéral. D’un vert intense, oscillant entre le jade et l’émeraude, la malachite a fasciné les civilisations anciennes pendant des millénaires — et continue aujourd’hui de fasciner toute personne ayant déjà essayé de la réduire en pigment sans en mettre partout. . . Une pierre de beauté et de protection Dans l’Antiquité, la malachite était considérée comme la pierre de la transformation et du renouveau. Les Égyptiens la broyaient pour en faire des fards et des pigments verts, associés à la régénération. (Ils ne le savaient pas encore, mais ils inventaient aussi le premier correcteur anti-cernes naturel.) Pour les Romains, elle portait chance — ce qui explique sans doute pourquoi certains artistes l’utilisaient beaucoup. Parce que oui, même eux avaient besoin d’un petit coup de pouce créatif. Dans la tradition médiévale, elle symbolisait la féminité et l’énergie du cœur : un vert lié à la terre, mais ouvert vers le ciel. Un vert d’équilibre, de mouvement. . . et parfois d’obsession pour ceux qui la travaillent manuellement (si tu te surprends à rêver de grains de malachite la nuit, rassure-toi, c’est normal). Le vert du monde vivant Le Vert Émeraude que donne la malachite est unique : lumineux sans être criard, profond sans être sombre. En aquarelle, il révèle toute sa richesse : — en lavis clair, il devient vert d’eau, frais et végétal, — en couche dense, il se charge d’un vert intense, saturé, presque velouté. C’est une couleur vivante et élégante, idéale pour les feuillages, les paysages, les ombres dorées ou les compositions modernes, (du genre à faire rougir une forêt tropicale entière.) Mais alors… pourquoi l’appeler “Vert Émeraude” ? Le Vert Émeraude du Lapisorium est une réinterprétation naturelle et authentique de cette teinte mythique — non pas le pigment synthétique du XIXᵉ siècle, mais le vert originel, né de la malachite brute, broyée, tamisée, réveillée par l’eau. . . et par ton énergie (quelle que soit la quantité de café nécessaire). Je vous vois venir : « Mais Nina, ton Vert Émeraude… c’est pas un vert émeraude ! Change de lunettes ! » Oui, oui, je sais. Ce n’est pas le vert émeraude classique, celui bien brillant qu’on retrouve dans les nuanciers et les bijouteries. Alors pourquoi ce nom ? Rassurez-vous, je ne suis pas folle (ou seulement dans la catégorie artisane passionnée). La vérité, c’est que ce pigment a été la deuxième couleur que j’ai broyée lorsque j’ai commencé mon activité artisanale — ou plutôt mes premières expériences de scientifique minéralogique improvisée. La première ayant été le lapis-lazuli (histoire de mettre la barre très haut dès le début). Et en voyant cette couleur naître, j’ai été fascinée. Sa profondeur. Sa vibration. Son intensité presque vivante. J’ai senti dans ce vert quelque chose de précieux, de rare, d’intemporel. Alors le nom s’est imposé naturellement : Vert Émeraude. Non pas parce qu’il imite la gemme, mais parce qu’il partage avec elle une même noblesse, une même valeur, une même lumière intérieure. Ce n’est pas le vert émeraude traditionnel. C’est mon interprétation du Vert Émeraude. Celui qui m’a révélée à l’Art du pigment naturel — et qui reste encore aujourd’hui l’un de mes trésors. 🌟

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Pourquoi les noms des couleurs comptent tant

Je crois qu’une couleur ne vit vraiment que lorsqu’elle reçoit un nom. C’est à ce moment-là qu’elle respire, qu’elle s’incarne, qu’elle se met à raconter quelque chose. Le nom, c’est ce petit souffle qui relie la matière à l’histoire, la pierre au pinceau, le minéral au monde. Quand je cherche un nom pour une couleur, je ne choisis pas simplement une “belle sonorité” (on dirait hein, mais non!). Je la regarde dans son intégralité : sa pierre d’origine, son histoire géologique, sa symbolique dans les civilisations, ses différentes liens au fil des temps… Tout compte. Parce qu’une couleur n’est pas qu’un ton sur une palette — c’est un morceau de l’histoire qu’on dépose sur le papier. ( Et parfois aussi sur la table, sur les doigts, sur le pull. . . mais ça, c’est une autre histoire. ) 💎 Nommer, c’est donner vie Il y a quelque chose de presque magique dans le fait de nommer. C’est comme si la couleur, jusque-là endormie, ouvrait les yeux d’un coup. Elle devient “quelqu’un”. Elle porte une mémoire, une voix, une présence. Quand je crée une couleur à partir d’un minéral, je ressens vraiment que je peins avec du vivant. Pas avec un colorant synthétique au doux nom de PB29 (oui, le bleu outremer, ce bleu sublime au nom d’imprimante — moins poétique, on est d’accord). Derrière chaque teinte naturelle, il y a des milliers d’années de géologie, de volcans, de mers disparues et de civilisations entières qui ont aimé ce bleu, ce rouge ou ce vert avant nous. De quoi donner un peu de vertige en ouvrant le pot de pigment! 🌿 Les noms et la durabilité J’ai longtemps hésité : palettes avec les noms, ou sans les noms ? Sans, c’était plus écologique : cela permettait de recharger vos palettes à l’infini, d’utiliser vos propres peintures après les couleurs du Lapisorium. Mais avec les noms… Ah, avec les noms, tout change! L’objet devient vivant. Il n’est plus simplement pratique — il devient émotionnel, poétique, presque intime. Ce n’est plus juste “une palette de peinture”, c’est un petit morceau d’histoire minérale, une œuvre artisanale à part entière. (Et honnêtement, sans les noms, je crois que mes couleurs se vexeraient de cette anonymisation !) ✨ Derrière chaque nom, une histoire Rien n’est choisi au hasard, jamais. Chaque nom me trotte dans la tête des jours entiers. Il doit sonner juste, vibrer juste. Parfois, j’ai une illumination en broyant un pigment. Parfois, je passe trois nuits à me convaincre que “Larmes d’Hermès” est meilleur que “Café de Zeus”. C’est un peu du brainstorming mythologique à la lueur de la lampe à huile (ou presque). Et bientôt, je vous raconterai tout ça : pourquoi Miroir d’Hélios s’appelle ainsi, d’où viennent les fameuses Larmes d’Hermès, ce que cache Mirage d’Atacama, ou encore ce qui brûle dans le Rouge Alchimique. Parce que oui, ces noms ne sont pas juste jolis. Ils sont la mémoire de la pierre, de l’homme et du geste. 💬 En vérité… Nommer, c’est ma manière à moi de remercier la matière. De lui dire : “Tu existes, je te vois, et maintenant, tu as un nom.” Et c’est aussi ma manière de résister un peu au monde des “bleu n°3” et des “pigment code PB29”. Parce que soyons honnêtes : entre Bleu d’Ishtar et PB29, le cœur ne balance pas longtemps. Alors voilà. Si vous vous demandiez pourquoi je passe parfois trois jours à chercher un nom, c’est parce qu’à mes yeux, c’est là que la magie commence. Et que, quelque part, quand vous peignez avec mes couleurs, vous peignez un peu avec des histoires qui respirent. . . ✨ À très vite, (et promis, la prochaine fois que je me bats trois jours avec un nom, je vous montre les brouillons. Spoiler : il y a souvent des dragons, des volcans et des fées.) 💙

Vie ma vie en artisanat

Se perdre dans la création (et s’y retrouver… plus ou moins)

Créer, c’est merveilleux… et épuisant. Parce que quand l’imagination démarre, elle ne s’arrête plus. Une idée en amène dix, qui en amènent cent, et à la fin, il n’y a plus de place dans la tête (ni sur l’établi, ni sur la table, ni sur le plan de travail… bref, le chaos créatif total). Sommaire :  Le vertige de l’infini (ou comment avoir 100 idées avant le café) Il m’arrive souvent de me réveiller avec une idée de palette, puis une autre dans la douche, une autre en préparant le café, et une dernière pendant que j’envoie un mail — résultat : aucune n’est encore commencée, mais toutes existent dans ma tête. On dit que les limites brident la créativité. Franchement ? Je crois que c’est l’inverse. L’absence de limites, c’est le vrai piège. C’est comme être lâché dans un magasin de pigments sans panier. Tu veux tout, tu prends tout, et au final. . . tu ne sais plus quoi faire de tout ça (et tu finis couvert de poussière colorée en te disant “bon, on verra demain”). Le bois : la ressource (et la tentation permanente) J’ai choisi le bois comme matière principale, d’abord pour des raisons durables, mais aussi parce que c’est beau, noble, (et que ça sent bon l’atelier!) Sauf qu’avec le bois, c’est comme avec les couleurs : on ne s’en lasse jamais! Chaque essence a sa personnalité : le chêne qui fait le costaud, le noyer qui frime un peu, le hêtre tout doux, le châtaignier rustique, le teck qui se sent unique et exotique. . . et forcément, j’ai envie de tous les essayer, tous les intégrer à mes projets. Résultat : Je passe mon temps à imaginer de nouvelles palettes : plus petites, plus grandes, plus fines, plus foncées, plus claires, plus rondes, pas rondes du tout. Bref, si vous saviez le nombre de prototypes qui dorment dans un coin, vous comprendriez pourquoi je dis souvent que l’atelier est vivant (et légèrement envahi). Mais j’aime ça. J’aime penser que chaque bois peut raconter une histoire différente. Et j’imagine chacun de vous avec votre propre palette : – le globe-trotter qui peint sur un rocher (et finit avec du sable dans ses godets), – l’urbansketcher qui dégaine son pinceau au café, – le rêveur qui peint au calme, les cheveux dans la lumière, avec un chat qui s’installe pile sur la feuille encore humide. Oui, chacun son bois, chacun ses couleurs, chacun ses drames créatifs. Trop d’idées, pas assez de mains (le grand classique) Le vrai problème quand on a trop d’idées, c’est. . . qu’on a toujours l’impression d’en rater une. On veut tout faire, tout explorer, tout tester. Et au final, on finit par ne rien commencer du tout. Ça peut être pareil en dessin, en peinture. . . Bienvenue dans le club très fermé de la page blanche artisanale. C’est ce moment où tu regardes ton établi, les matériaux, le bois, les pigments, et tu bloques. Parce qu’il y a TROP. Trop de possibilités, trop de directions, trop de “et si je faisais plutôt…”. Et soyons clairs : à ce stade, même faire du tri dans les pinceaux devient une excuse acceptable pour procrastiner. Alors j’ai appris une chose essentielle : Les limites, ce n’est pas un frein. C’est une rampe de lancement. Sans elles, on se perd dans l’infini. Avec elles, on avance vraiment. (Bon, lentement parfois, mais au moins, on avance dans une direction qui a un nom.) Ma solution : créer en éditions limitées (sinon, je disparais dans la sciure) Je ne fais pas de pièces uniques, mais des éditions limitées. Pourquoi ? Parce que sinon, je ne m’en sors pas. 😅 Faire une série, c’est donner à une idée un espace pour exister, puis la laisser vivre sa vie pendant que la suivante arrive en coulisse. C’est aussi une manière de canaliser le flot d’idées sans l’étouffer. Je peux tester, explorer, recommencer — mais dans un cadre clair. Et puis entre nous, ça garde aussi une part de fraîcheur : les séries changent, se renouvellent, évoluent. C’est mon compromis entre liberté et structure. Parce que si je me laissais vraiment aller, je crois que je fabriquerais des palettes 24h/24, jusqu’à finir engloutie sous une montagne de copeaux et de cailloux broyés. La beauté du chaos (et des différences) Ce que j’aime dans ce métier, c’est qu’il n’y a pas UNE façon de faire. Il y en a autant que de créateurs. Certains adorent la rigueur, d’autres le hasard total, certains ont trois palettes bien rangées, d’autres (comme moi) en ont quinze, un peu partout. Et c’est ça qui est beau. Nos différences font notre richesse. Nos envies, nos besoins, nos gestes, nos couleurs. Si tout le monde peignait pareil, le monde serait d’un ennui mortel. Alors oui, on se perd parfois dans la création. On doute, on recommence, on râle, on refait. Mais si au bout du chemin, on finit par créer quelque chose qui nous ressemble — même un peu — alors le jeu en valait la chandelle. Et franchement, se perdre dans les bois (au sens propre comme au figuré), ça a parfois du bon. Surtout quand on en ressort avec une palette qui sent la résine et l’idée fraîche. 🌿 En conclusion : trouver son équilibre Créer, c’est comme marcher sur un fil entre folie et beauté. Il faut accepter de ne pas tout maîtriser, de parfois se perdre, de recommencer encore et encore. Mais c’est justement là, dans ces allers-retours entre chaos et clarté, que la magie se cache. Alors si vous aussi vous avez mille idées à la minute : respirez, notez-en deux ou trois, commencez-en une, et gardez les autres pour demain. (Spoiler : demain, vous en aurez dix nouvelles de toute façon.) 💡 Moralité ? Les limites ne sont pas là pour freiner la créativité. Elles sont là pour qu’on ne se transforme pas en boule de nerfs recouverte de pigments et de copeaux de bois. Et ça,

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Quand la lumière devient matière

L’automne, c’est un peu cette période où la nature prend une grande inspiration avant d’hiberner. La lumière baisse, les tons se réchauffent, les forêts sentent la mousse humide et le bois chauffé par les derniers rayons du soleil. L’automne, c’est cette drôle de période où la nature ralentit, la lumière se fait dorée, et moi, je commence à ramasser des pierres dans mon atelier en me disant : “Et si je mettais ça en bouteille ?” 😅 De ces réflexions très sérieuses (promis), est née : 🍂 Les Lueurs de l’Automne🍂 La nouvelle collection de pigments minéraux faits main dans mon atelier. Une palette inspirée par la lumière basse, les sols humides et les reflets métalliques de la saison. Chaque pigment a été lavé, broyé, tamisé et mis en fiole à la main, avec autant de patience que de poussière dans les cheveux. Disponible en coffret complet ou en fiole unique, cette collection capture la saison dans toute ses nuances — entre chaleur et ombre, douceur et feu de cheminée. 🌿 Les pigments minéraux du Lapisorium 🌞 Voile Solaire – La douceur de la limonite Un jaune pâle et tranquille, comme un matin d’octobre. La limonite, c’est une roche riche en fer, formée quand d’autres minéraux s’altèrent. Elle donne une teinte lumineuse, stable, pleine de chaleur. Son nom vient du grec leimon (“prairie”), pourquoi ? Ça, ne m’en demandez pas trop. . . 🌰 Tellure — La chaleur dorée de la chlorite La chlorite, ici, n’a rien de vert. Sous cette teinte brune aux reflets dorés se cache une roche métamorphique issue des profondeurs terrestres. C’est un pigment qui parle de transformation — un peu comme la robe de la forêt en cette saison : changeante, et pleine de nuances ! ⚫Voile de Plomb — Le silence du graphite Le graphite, c’est ce noir soyeux que tu connais peut-être mieux sous forme de crayon ✏️ Mais ici, c’est une poudre minérale pure, tirée de roches métamorphiques. Un noir mat et dense qui structure la palette et équilibre les teintes chaudes. C’est la couleur du calme, du silence et de l’ombre juste avant le soir. . . 🔥 Miroir d’Hélios — La braise de l’hématite Et puis, il y a l’hématite, ma pierre préférée (ne le dites pas aux autres). Un minéral de fer gris métallique qui, une fois broyé, révèle des reflets rouges et argentés. Son nom vient du grec haima — “sang” — pour son aspect rouge profond. C’est la couleur de la braise, du feu devant lequel on se blotti avec une bonne couette et un thé en pleurnichant du froid qui arrive sans prévenir ! Une palette d’automne entre lumière et matière Les Lueurs de l’Automne, c’est un hommage à la saison où tout se transforme. La lumière se retire du ciel pour se réfugier dans la terre, et c’est là qu’elle devient couleur. 🌞 Voile Solaire – la lumière douce 🌰 Tellure – la terre chaude ⚫ Voile de Plomb – l’ancrage 🔥 Miroir d’Hélios – la flamme Chaque pigment est 100 % naturel, sans additif, et compatible avec tous les médiums : aquarelle, gouache, huile, tempera ou autres expérimentations créatives. 💎 Coffret ou fioles individuelles Vous pouvez découvrir la collection sous deux formats : Le tout, toujours broyé à la main, en édition limitée, et emballé avec soin. 🌾 Une création artisanale et responsable Chaque pigment du Lapisorium est une rencontre entre la géologie et la création. Des pierres naturelles, travaillées lentement, avec respect des techniques ancestrales. Parce que peindre avec la terre, c’est aussi peindre avec ce qu’elle a de plus vivant. Et puis, entre nous, rien ne vaut la satisfaction de voir une couleur naître sous le mortier. (C’est un peu comme un lever de soleil, mais version poussière de pierre.) 💬 Les Lueurs de l’Automne, c’est ma façon de garder un peu de chaleur dans les doigts, quand dehors, la lumière commence à se faire rare. À découvrir dès maintenant sur la boutique du Lapisorium et sur la page Instagram si tu veux voir la création de ces pigments étape par étape. Si tu as des questions, n’hésite surtout pas à m’écrire — je me ferai un plaisir d’y répondre avec joie et passion. 💌 À très vite, Nina alchimiste du L a p i s o r i u m    

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Outremer : du bleu des anges aux violets et verts de laboratoire

Le mot outremer évoque aussitôt un bleu éclatant, presque céleste, comme s’il venait tout droit du paradis. Et en un sens, ce n’est pas faux. . . sauf qu’il venait surtout d’Afghanistan. Fra Angelico ou Giotto devaient l’acheter au prix de l’or, littéralement, puisque ce bleu était obtenu à partir d’une pierre semi-précieuse : le lapis-lazuli. Aujourd’hui, bonne nouvelle : vous pouvez en acheter pour quelques euros. Vous sortez votre boîte d’aquarelle et hop : un joli godet d’outremer vous attend. Pas besoin de caravane, pas besoin d’hypothéquer la maison. Mauvaise nouvelle (ou pas) : ce n’est plus du lapis, mais une version synthétique inventée au XIXᵉ siècle. Et l’histoire ne s’arrête pas là : il a même eu des petits frères violets, roses et verts que Fra Angelico n’aurait jamais pu imaginer. Si si, ne bouge pas, on en parle tout de suite ! Sommaire :  L’outremer naturel : le bleu qui valait plus que l’or. Oui je sais, vous en avez marre de l’entendre cette phrase, moi aussi. Même si elle est vrai. Au Moyen Âge et à la Renaissance, ultramarinus signifiait « au-delà des mers » : c’était le bleu du lapis-lazuli, extrait des mines d’Afghanistan, broyé puis lavé patiemment pour isoler la poudre bleue des impuretés. Cet outremer-là, c’est celui qu’on retrouve dans les fresques du fameux Fra Angelico : un bleu profond, lumineux, mais rare comme un bon café à Florence en 1420. Une couleur de foi et de prestige L’outremer n’était pas seulement esthétique, il était symbolique : Les contrats médiévaux précisaient parfois la quantité exacte d’outremer que le peintre devait employer (bah oui au même titre qu’un sous est un sous, un milligramme est un milligramme!). Si le commanditaire n’avait pas les moyens, on remplaçait l’outremer par de l’azurite, moins chère et moins lumineuse. La révolution du XIXᵉ siècle : l’outremer à prix cassé En 1828, deux chimistes européens (Guimet et Gmelin) trouvent la recette miracle : fabriquer un bleu très proche du lapis. . . mais à partir de matériaux ordinaires (silice, soufre, soude) chauffés à très TRES haute température. Résultat : un bleu très proche, et l’outremer devient abordable, stable, et disponible en grande quantité. Dès lors, fini le bleu réservé aux princes et aux saints : tout peintre peut s’offrir un ciel « Fra Angelico style » pour quelques sous. L’outremer cesse d’être un trésor rare pour devenir un pigment accessible à tous. Les artistes peuvent enfin remplir leurs toiles entière de bleu sans hypothéquer une maison. ( 💡 Anecdote : Guimet reçut un prix de l’Académie des sciences pour sa découverte. On a même parlé de « bleu Guimet ». . . mais reconnais que ça sonne moins poétique sur une boîte d’aquarelle que « Outremer ». ) Si tu veux en savoir plus sur l’histoire du Bleu Guimet je te laisse un bel article des BeauxArts ici : https://www.beauxarts.com/grand-format/le-bleu-guimet-une-surprenante-histoire-damour-et-de-chimie-au-xixe-siecle Les petits cousins modernes : violet, rose et vert outremer La chimie n’aime pas s’arrêter en si bon chemin. En bidouillant la cuisson et la proportion de soufre, les fabricants découvrent qu’ils peuvent obtenir : Et là les gars, sérieusement, il va falloir qu’on remette les choses au clair. . . . . . Ces couleurs n’ont jamais, JAMAIS, jamais, existé à l’état naturel. C’est l’outremer qui s’est offert une garde-robe moderne, façon XIXᵉ siècle. Ce sont des inventions modernes, très appréciées en aquarelle pour enrichir la palette avec des tons sûrs et non toxiques. ( D’ailleurs au XIXᵉ siècle, certains nuanciers mentionnaient des variantes nommées « Outremer céleste » ou « Outremer cendré ». Déjà, les marchands savaient vendre du rêve aux artistes. . . ) Pourquoi garder le nom « outremer » ? On aurait pu les appeler « violet chimique » ou « vert de laboratoire ». . . mais ça vend moins de rêve. Le mot « outremer », lui, évoque immédiatement : Conclusion 🖌️ Moralité : quand vous posez un lavis d’outremer dans votre carnet d’aquarelle, vous n’utilisez pas la même poudre que notre bon et talentueux Fra Angelico. Mais vous maniez son héritier moderne, démocratique et fiable. Et, franchement, pouvoir peindre un ciel entier sans vendre un rein ni partir creuser en Afghanistan. . . c’est plutôt une bénédiction, non ? Bonus : l’Outremer « Bleu Royal » du Lapisorium 🌟 Vous l’aurez compris, l’outremer des boîtes d’aquarelle vendues dans le commerce est un pigment synthétique, héritier du XIXᵉ siècle. Mais… et si vous rêviez encore de goûter à la vraie magie du lapis-lazuli, tel que l’utilisaient Fra Angelico ou Giotto ? C’est exactement ce que je propose dans le Lapisorium : une couleur Bleu Royal extraite selon les procédés ancestraux de notre pote Angelico, identiques à ceux utilisés par les peintres de la Renaissance. Pas de raccourci industriel, pas de substitut : seulement le patient travail qui sépare le bleu profond du lapis de ses impuretés, comme il y a cinq siècles. 🎨 Parce que parfois, aimer la peinture, c’est aussi aimer l’authenticité. 🕰️ Et parce qu’avouons-le : je le répète mais tout le monde n’a pas forcément le temps (ni l’équipement !) pour aller creuser dans les montagnes d’Afghanistan. Et au Lapisorium, on l’avoue sans honte : ✨ Si vous aimez les choses vraies, ancestrales et intenses, venez découvrir le Bleu Royal du Lapisorium : un petit morceau de ciel médiéval à déposer sur votre papier aquarelle. Maintenant que tu sais tout, je te laisse avec de jolies photos de cette merveille minérale. Si tu as des questions, n’hésite surtout pas à m’écrire — je me ferai un plaisir d’y répondre avec joie et passion. 💌 À très vite, Nina créatrice du L a p i s o r i u m