Nom de l’auteur/autrice :Lapisorium

Créativité & Tuto

Fabriquer sa propre peinture à partir de pigments minéraux

– Guide pratique (et un peu magique) pour artistes curieux – Dans la boutique du Lapisorium, je vous propose des pigments naturels issus de pierres semi-précieuses, réduits à une granulométrie fine (200 microns), prêts à l’emploi — pas besoin de jouer à l’alchimiste avec un mortier ! Vous pouvez plonger directement dans la création, sans transformer votre atelier en laboratoire de potions ! Si je fabrique mes propres aquarelles à partir de ces pigments, je sais que tout le monde ne rêve pas de lavis et de pinceaux trempés dans l’eau. . . Certains préfèrent la matière, l’opacité, l’huile qui sent bon l’atelier (ou pas), et la texture sous le couteau. Cet article est donc là pour vous : pour vous inspirer, vous guider et vous prouver qu’un pigment, ce n’est pas juste pour l’aquarelle ! Sommaire :  – Aquarelle artisanale – Gouache maison – Peinture acrylique – Peinture à l’huile – Tempera : la peinture à l’œuf Que faire avec ces pigments (en dehors de les admirer dans un petit pot) ? Voici ce que vous pouvez créer avec ces précieuses poudres colorées. Il vous suffit d’un liant adapté, et d’un soupçon de curiosité artistique : Aquarelle artisanale Liant : gomme arabique + glycérine + eau + miel (facultatif) C’est la base. Le combo parfait pour les amoureux de transparence, de superpositions subtiles et d’effets granuleux qui font « wouah » même quand on ne s’y attend pas. Gouache maison Liant : gomme arabique + craie (ou blanc de titane) + eau C’est l’aquarelle qui a mangé un peu trop de blanc – mais elle a bon goût. Elle est mate, couvrante, parfaite pour les aplats, les illustrations, ou les jours où vous n’avez pas envie de diluer votre art. Peinture acrylique Liant : médium acrylique (en boutique d’art) Mélangez le pigment à un liant acrylique, et bim ! vous avez une peinture moderne à l’aspect minéral, unique, qui résiste au temps et aux maladresses (et même parfois aux enfants)… Peinture à l’huile Liant : huile de lin + (optionnel) siccatif naturel On entre ici dans la catégorie « peinture avec du caractère ». L’huile donne aux pigments une profondeur incroyable. Ça sèche lentement (très lentement), mais c’est souvent comme ça avec les plus belles choses. 👉 Pour les artistes patients, passionnés. . . ou tout simplement nostalgiques des maîtres anciens. Tempera : la peinture à l’œuf Liant : jaune d’œuf + eau La tempera, c’est un peu la peinture préférée des maîtres anciens avant l’invention de l’huile. Moins de gens la connaissent et POURTANT ! Elle utilise un ingrédient que tout le monde a dans son frigo (et non, ce n’est pas du ketchup) : le jaune d’œuf. Le jaune d’œuf agit comme un excellent liant naturel. Il donne une peinture fine, lumineuse, très résistante au temps et qui sèche rapidement. Pour la fabriquer, on sépare le jaune du blanc (oui, comme en pâtisserie), on perce la membrane, et on le mélange avec un peu d’eau et de pigment minéral. 👉 Le rendu est mat, délicat, avec une finition veloutée très appréciée pour les icônes, fresques, enluminures… ou les artistes modernes qui aiment le vintage. 💡 Astuce : utilisez-la fraîche, elle ne se conserve pas très longtemps. (Encore une raison de ne pas peindre à 3 h du matin sur un coup de tête… ou alors, soyez rapide !) ⚠️ Le cas des pigments (trop) dangereux Certaines pierres ont beau être splendides, elles cachent un petit côté « vilain méchant toxique ». C’est le cas du : Rappelle-toi, je t’ai déjà tout expliqué d’eux : ici ! Ces pigments-là, on les admire. . . de loin. 💨 Sous forme de poudre, ils deviennent volatiles, toxiques, et franchement pas sympas pour vos poumons. 👉 C’est pourquoi je ne les vends pas sous forme de pigment sec, mais je les propose en aquarelle déjà liée, là où ils sont parfaitement sécurisés et prêts à faire des merveilles sur le papier — sans vous empoisonner. Oui, la beauté peut parfois être mortelle… mais pas chez Lapisorium ! Quelques précautions (même avec les gentils pigments) 🔐 Même si mes pigments sont prêts à l’emploi et non toxiques, un peu de bon sens artistique ne fait jamais de mal : Pourquoi faire sa peinture soi-même ? (spoiler : parce que c’est génial) ✨ Faire sa peinture, c’est : C’est un acte d’indépendance artistique. . . et franchement, c’est plutôt stylé non? Où trouver ces merveilles minérales ? 👉 Voir les pigments minéraux disponibles 👉 Explorer les aquarelles, y compris celles à base de cinabre, réalgar et orpiment (sans danger, promis) En résumé Créer ses propres peintures à partir de pigments minéraux, c’est comme cuisiner avec des épices rares : ça change tout. Les couleurs vibrent autrement. L’acte de peindre devient plus intime. Plus vrai. Plus ancré. Plus cérémonial. Et oui, n’oublions pas que chaque pigment est une pierre qui a voyagé dans le temps. À toi de la transformer en lumière. . . 🎨 Si tu as des questions, n’hésite surtout pas à m’écrire — je me ferai un plaisir d’y répondre avec joie et passion. 💌 À très vite, Nina créatrice du L a p i s o r i u m

Histoire de l'Art

Pigments historiques : faut-il s’inquiéter ?

⸻ Quand on évoque des pigments comme le cinabre, le réalgar ou l’orpiment, les réactions sont souvent les mêmes : inquiétude, peur, méfiance. Ces minéraux sont associés à des mots lourds – mercure, arsenic, toxicité. (Pas exactement les ingrédients d’un smoothie santé, nous sommes d’accord.) Mais il faut se rappeler que ces pigments ont accompagné l’histoire de la peinture pendant des siècles, parfois millénaires, et qu’ils ont embelli des milliers d’œuvres que l’on admire encore aujourd’hui dans les musées. Alors, faut-il réellement s’inquiéter ? Sommaire :  Des pigments précieux au cœur de l’histoire Ces minéraux n’étaient pas choisis par hasard. Ces couleurs avaient une valeur symbolique autant qu’esthétique. Elles étaient précieuses, et leur usage conférait aux œuvres un éclat presque surnaturel. Bref, des couleurs qui savaient se faire remarquer. ⸻ La nature, chimiste en chef Il est parfois bon de rappeler que l’homme n’a rien inventé : les pigments les plus éclatants, comme les poisons les plus redoutables, viennent de notre belle Mère-nature. Le réalgar, l’orpiment, le cinabre… tous ces minéraux sont naturels. Ils n’ont pas été fabriqués en laboratoire, mais extraits de la terre. Et ce sont précisément ces composés “naturels” qui peuvent contenir de l’arsenic ou du mercure. C’est un paradoxe fréquent : on associe souvent “naturel” à “inoffensif”, et “chimique” à “toxique”. (Vous savez, au même titre que « bio » = « healthy ». . . 😅bon je m’éloigne, c’est un autre sujet!) Mais les meilleurs poisons sont souvent les plus anciens, et ceux que la nature elle-même a formulés. L’important, ce n’est donc pas de fuir ce qui est naturel ou chimique, mais de comprendre comment les utiliser en toute sécurité. ⸻ Petite histoire des poisons célèbres L’arsenic et le mercure ont toujours fasciné — à la croisée de l’art, de l’alchimie et… du crime. Leur puissance toxique est connue depuis l’Antiquité, et ils ont été utilisés aussi bien comme remèdes que comme poisons. ( Donc ce n’est probablement pas un empoisonnement volontaire, mais une exposition chronique à une déco trop tendance… et trop toxique. ) ( Un poison “raffiné” pour les intrigues de palais.) – Le blanc de plomb (céruse) : pigment très courant, utilisé pour les éclaircissements. Hautement toxique, surtout en cas d’exposition prolongée. – Le vermillon : à base de cinabre (sulfure de mercure), utilisé pour ses rouges intenses. – Le jaune de Naples : pouvait contenir du plomb. – D’autres pigments à base de cuivre ou d’arsenic, parfois utilisés selon les époques et les ateliers. À une époque où les artistes manipulaient eux-mêmes leurs couleurs, broyaient les pigments à sec et peignaient en milieux peu ventilés, l’exposition répétée était inévitable (bien évidemment, sans masque, sans gants, et sans les connaissances que nous avons aujourd’hui). Dans le cas de Goya, cette intoxication aurait pu contribuer à ses troubles physiques… mais aussi à l’intensité sombre de ses œuvres tardives, comme les Peintures noires. Une forme d’alchimie toxique entre l’art et le corps. Ironie de l’histoire : ces substances ont autant servi à créer la beauté qu’à l’anéantir. Tout est question de dosage, de contexte… et de précautions. ⸻ Où réside réellement le danger ? Il est important de distinguer deux choses : En clair : ce n’est pas la peinture qui est en cause, mais la poussière. Le danger est pour celui qui fabrique, pas pour celui qui peint. C’est la poudre brute, pas le coup de pinceau, qu’il faut manipuler avec prudence. ⸻ Pourquoi a-t-on arrêté de les utiliser ? On pourrait croire que c’est uniquement à cause de leur toxicité, mais l’histoire est plus nuancée : ⸻ Les œuvres témoignent de leur sécurité Si ces pigments avaient été si dangereux une fois posés sur le support, les manuscrits médiévaux, les fresques et les tableaux n’auraient pas traversé les siècles. Or, ils sont encore là, consultés par des générations de spectateurs, chercheurs, conservateurs… sans que personne ne tombe malade d’avoir feuilleté un livre enluminé ou admiré une fresque romaine. L’exemple le plus parlant est celui des enluminures médiévales : certaines sont couvertes de cinabre et d’orpiment. Or ces manuscrits ont été manipulés par des moines, des érudits, des collectionneurs, puis par les conservateurs des bibliothèques depuis des siècles. La précaution a toujours existé, mais jamais ces livres n’ont été considérés comme des objets “empoisonnés”. Ils sont traités avec soin, mais pas comme des substances dangereuses. (Pitié, ne venez pas me parler du film « Au nom de la rose« . . . et non, lécher des manuscrits ou des pinceaux n’est pas et n’a jamais été une bonne idée.) ⸻ Aujourd’hui, comment en parler ? Pour un artisan d’aquarelle, la transparence est essentielle. Oui, certains pigments historiques sont classés toxiques. Mais en aquarelle, liés à la gomme arabique et utilisés normalement, le risque est négligeable. Ce qui est dangereux, c’est la poudre brute. C’est pourquoi : ⸻ Une précaution essentielle Même si les risques sont très faibles une fois les pigments stabilisés dans un liant, certaines recommandations restent importantes. Comme pour tout produit artistique, il est recommandé de peindre dans un espace bien ventilé, d’éviter de manger ou boire pendant l’usage, et de se laver les mains après manipulation. Mais ça, c’est une vérité même pour les peintures sortant de l’usine et réalisées avec des pigments synthétiques. . . Par principe de précaution évident, les pigments contenant des métaux lourds (même sous forme de peinture) ne sont pas adaptés aux enfants, ni aux femmes enceintes ou allaitantes. Cela ne veut pas dire que peindre avec une aquarelle minérale est dangereux, mais qu’on évite toute exposition inutile pour les publics les plus sensibles. ⸻ En résumé Si l’on a arrêté d’utiliser le cinabre, le réalgar ou l’orpiment, ce n’est pas parce que peindre avec eux était dangereux une fois secs sur le papier. C’est surtout parce qu’ils étaient rares, coûteux, instables, et que les pigments modernes ont pris le relais. Peindre avec une aquarelle artisanale minérale n’a donc rien d’inquiétant, si vous respectez un usage « normal » c’est-à-dire PEINDRE avec. C’est au contraire renouer avec une longue tradition où

Minéralogie

Les pigments cachés des falaises et des plages

      Allongée sur ma serviette, un œil sur l’océan et l’autre sur les falaises de l’Algarve (oui, j’essaie de tout voir en même temps), j’ai eu une illumination : et si ces falaises étaient de gigantesques tubes de peinture naturels ? Après tout, elles brillent de mille couleurs sous le soleil. Mais peut-on vraiment fabriquer des pigments avec une falaise ? Spoiler : géologiquement parlant, oui. Pratiquement parlant… mieux vaut éviter de repartir avec un sac à dos plein de cailloux ! ⭐️  Sommaire :  Des falaises qui sentent la mer (et l’histoire géologique) Les falaises de l’Algarve ne datent pas d’hier : elles se sont formées il y a environ 200 millions d’années, quand la région était recouverte par une mer chaude et peu profonde. Bref, un ancien lagon de rêve, sans parasol ni crème solaire. Résultat : un millefeuille de roches que l’érosion sculpte patiemment, transformant les falaises en arches, grottes et sculptures naturelles. (Rodin peut aller se rhabiller.) Les couches d’une falaise : comme un gâteau, mais minéral En levant les yeux, tu remarques vite que les falaises ne sont pas d’une seule couleur. Elles sont stratifiées : chaque couche correspond à une époque différente, comme les pages d’un livre… ou les étages d’un gâteau, et ça, ça c’est fascinant : Chaque bande colorée est une archive du passé, un selfie minéral pris il y a des millions d’années. La couleur : merci les minéraux ! Si les falaises brillent en Algarve, c’est à cause de quelques minéraux très “artistes” : La mer et le vent se chargent ensuite de polir, gratter et mettre en valeur ces nuances. Naturellement, pas besoin d’Instagram : le filtre est déjà inclus. Peut-on peindre avec une falaise ? Bonne question ! Techniquement, oui : broyer une roche ferrugineuse te donnerait de l’ocre ou du rouge, comme l’ont fait nos ancêtres préhistoriques. Mais attention, ce n’est pas une invitation à attaquer la falaise à coups de marteau pendant tes vacances. Déjà parce que c’est interdit (les falaises sont protégées), et surtout parce que tu risques plus de finir avec une entorse qu’avec un tube de peinture. Et le sable dans tout ça ? Le sable est l’enfant des falaises : il résulte de leur érosion. Et comme tout enfant, il hérite un peu de ses parents : En broyant ces grains (et en les tamisant bien), on obtient des pigments naturels. Mais encore une fois, respirer de la poussière de silice n’est pas l’activité la plus conseillée pour les vacances… Un tableau vivant au bord de l’océan En fin de compte, les falaises de l’Algarve sont déjà de magnifiques pigments, mais à ciel ouvert. Pas besoin de pinceau : le vent, la pluie et les vagues se chargent de peindre le paysage depuis des millions d’années. Alors la prochaine fois que tu seras sur une plage, lève les yeux : ce que tu vois n’est pas qu’un décor de carte postale. C’est une fresque géologique géante, un mélange de science et de poésie, où chaque couleur raconte une histoire vieille de plusieurs ères. Et entre nous… c’est quand même plus sympa de repartir avec une photo qu’avec un seau de sable pigmentaire dans la valise ! Si tu as des questions, n’hésite surtout pas à m’écrire — je me ferai un plaisir d’y répondre avec joie et passion. 💌 À très vite, Nina créatrice du L a p i s o r i u m

Minéralogie

Cinabre : Pourquoi les gisements anciens sont si exceptionnels?

Aujourd’hui, petit point sur le cinabre que j’utilise pour créer la couleur « Rouge Alchimique ». Vous êtes nombreux à l’adorer, et tout aussi nombreux à vous interroger sur cette teinte peu commune — bien différente du cinabre classique qui tire davantage vers le brique. Alors, installe-toi confortablement, prépare-toi un petit thé… et laisse-moi t’emmener pour un voyage à la fois historique et minéralogique. ✨ Depuis des siècles, le cinabre fascine. Ce sulfure de mercure naturel (HgS), source du légendaire vermillon, a envoûté les alchimistes, les peintres de la Renaissance et les calligraphes d’Orient par son rouge d’une intensité inégalée. Mais pourquoi certains cinabres produisent-ils un pigment plus profond et lumineux que d’autres ? Et en quoi un gisement ancien joue-t-il un rôle ? 1. Le temps comme alchimiste : une cristallisation lente et parfaite Dans les gisements anciens, le cinabre a eu des milliers voire des millions d’années pour se former dans les entrailles de la Terre. Ce processus lent favorise : 🌿 En pratique ? Un cinabre ainsi formé est plus facile à broyer en une poudre fine et uniforme. La lumière, au contact des particules, est moins diffusée et plus intensément réfléchie, donnant une teinte vibrante. ⚒️ 2. La profondeur des gisements : pureté préservée Les gisements anciens, souvent plus profonds et éloignés des surfaces exposées, ont été protégés des : À l’inverse, un cinabre récolté dans des couches superficielles peut être altéré, donnant une teinte plus terne, parfois tirant sur le brun ou le gris. 🎨 3. Quand la minéralogie rencontre l’art Pour les artisans et coloristes, la qualité d’un pigment dépend aussi de sa granulométrie (taille des particules) et de sa pureté chimique. Un cinabre ancien : ✔️ se broie plus finement sans libérer d’impuretés (bon ok je vais le dire, mise à part sa toxicité qui m’oblige à porter un masque et des gants, cette pierre est un véritable bonheur à broyer !! ✔️ se disperse mieux dans le liant (gomme arabique, huile, etc.) ✔️ offre un rouge plus lumineux et homogène, sans zones ternes. C’est ce qui explique pourquoi les vermillons issus des grands gisements historiques comme Almadén (Espagne) ou Idrija (Slovénie) étaient si recherchés. ✨ 4. Un pigment rare et précieux Aujourd’hui, le cinabre naturel de cette qualité est une rareté. Pour des raisons éthiques et environnementales, il n’est plus exploité massivement. Les artisans travaillant avec ce trésor savent que chaque gramme est le fruit d’un travail géologique de millions d’années. C’est cette rareté et cette profondeur qui font du Rouge Alchimique bien plus qu’un simple pigment : une couleur chargée d’histoire, de mystère et d’émotion. . .

Créativité & Tuto

L’art de fabriquer ses propres couleurs

L’aquarelle, avec sa transparence et sa légèreté, est d’après-moi l’un des médiums les plus poétiques de l’histoire de l’art. Bon, vous allez dire que je prêche pour ma propre paroisse. . . Mais saviez-vous que pendant des siècles, les artistes fabriquaient eux-mêmes leurs couleurs ? Aujourd’hui, alors que les palettes industrielles dominent, revenir à ces pratiques artisanales nous connecte à une tradition ancienne, et à un savoir-faire qui selon moi, serait triste de perdre. Les origines de l’aquarelle : un art millénaire Extrait du Livre de la Mort des Anciens Egyptiens L’aquarelle trouve ses racines dans l’Antiquité. En Égypte, les artisans utilisaient déjà des pigments naturels mélangés à de la gomme arabique pour décorer papyrus et fresques murales. En Chine, les lavis d’encre et d’aquarelle accompagnaient la calligraphie dès le IVᵉ siècle. En Europe, elle se développe à l’époque médiévale, utilisée par les enlumineurs pour illuminer les manuscrits sacrés avec des couleurs éclatantes. Les pigments étaient alors précieux : lapis-lazuli, or, vermillon… autant de trésors broyés à la main. Mais c’est à partir du XVIIIᵉ siècle que l’aquarelle devient un art à part entière. Avec des peintres comme Albrecht Dürer ou William Turner, elle se libère des contours stricts et devient un outil d’expression de la lumière, du mouvement et de l’émotion. 🖌 Quand les artistes fabriquaient leurs propres aquarelles Collection de pigments du 19ème siècle de Nathalie Beurier Avant l’ère des tubes et des godets standards, chaque peintre devait être aussi un peu alchimiste. Fabriquer ses propres couleurs faisait partie du processus artistique, et chaque atelier avait ses recettes jalousement gardées. ✦ 1. La quête des pigments Les pigments provenaient directement de la nature : Minéraux et pierres broyées : lapis-lazuli (bleu outremer), malachite (vert), cinabre (rouge vermillon). Terres et ocres : pour les bruns et les jaunes. Végétaux et insectes : cochenille (rouge carmin), indigo (bleu profond). Ces matières étaient broyées très finement au mortier puis tamisées pour obtenir une poudre impalpable. ✦ 2. Le liant : la gomme arabique Le médium classique était la gomme arabique, extraite de la résine d’acacia. Dissoute dans de l’eau distillée, elle servait à agglomérer les pigments et leur donner cette transparence si particulière. Pour éviter que la peinture ne devienne cassante en séchant, les artistes ajoutaient souvent un agent humectant naturel : miel, glycérine, ou sucre inverti. Un peu de clou de girofle ou d’essence de thym jouait le rôle de conservateur naturel. ✦ 3. Le broyage et le moulage Le pigment et le liant étaient broyés ensemble sur une plaque de verre ou de marbre avec une molette jusqu’à obtenir une pâte homogène. Cette pâte pouvait être : utilisée immédiatement pour peindre, ou moulée dans de petits godets en coquillage, bois ou métal, puis séchée pour un usage ultérieur. Recette historique : fabriquer son liant pour aquarelle (base) Molette utilisée pour la réalisation de peinture aquarelle artisanale Ingrédients : 10 g de gomme arabique en poudre (qualité alimentaire si possible) 60 ml d’eau distillée chaude 1 c. à café de miel pur (ou glycérine végétale) Pigment naturel (quantité selon la teinte désirée) Quelques gouttes d’huile essentielle de clou de girofle (optionnel, pour conserver) Matériel : Mortier et pilon (pour broyer le pigment) Spatule ou couteau de peintre Plaque de verre/marbre et une molette (muller) Petits moules (godets, coquillages, alvéoles, ou tout autres contenants de votre choix qui sera propre et résistant à l’eau) Étapes : Préparer le liant : Dissoudre la gomme arabique dans l’eau chaude. Ajouter le miel/glycérine et l’huile essentielle. Bien mélanger. Préparer le pigment : Broyer finement les pigments au mortier. Si besoin, laver la pierre et laisser sécher avant broyage. Tamiser pour éliminer les grains. Mélanger : Sur la plaque lisse, déposer le pigment. Verser peu à peu le liant. Broyer longuement avec le muller jusqu’à obtenir une pâte lisse et homogène. Couler : Placer la pâte dans vos contenants. Laisser sécher à l’air libre plusieurs jours. Utilisation : Une fois sec, humidifier et frotter légèrement le godet avec un pinceau pour réactiver la couleur. _______________________________________________________________ ✨ Pourquoi renouer avec cet art ? À une époque où tout est standardisé, fabriquer ses propres aquarelles est un véritable acte de résistance poétique, artistique, et écologique. C’est : – Se reconnecter à la matière et aux gestes ancestraux, – Créer des couleurs uniques, avec une texture vivante impossible à reproduire industriellement, – Pour les artistes, une façon d’ajouter une dimension alchimique à leur pratique. – La possibilité de pouvoir peindre sans avoir les déchets d’emballage de peinture et autres, – Pouvoir peindre avec une qualité de peinture incroyablement pigmentée, naturelle, et authentique. . . Je pourrais encore vous donner mille et un arguments pour vous convaincre que fabriquer sa propre peinture ou utiliser des couleurs artisanales, c’est absolument merveilleux… Mais en réalité, rien ne vaut l’expérience. Essayez, et vous comprendrez ! À très vite ✨ Nina

Vie ma vie en artisanat

Il faut qu’on parle : des prix !

Pourquoi un godet d’aquarelle du Lapisorium coûte ce prix : aujourd’hui je t’emmène avec moi pour une plongée dans les coulisses de la création artisanale . . . ☀️ Lorsqu’on découvre les godets d’aquarelle du Lapisorium, on remarque peut remarquer : des couleurs profondes, naturelles, issues de pigments minéraux fabriqués à la main. Des godets en bois noble, gravés avec soin. Et pourtant, certains s’interrogent sur leur prix. Le prix est énoooorme ! Beaucoup trop cher. . . Est-il vraiment justifié ? La réponse est un oui clair, et voici pourquoi, je vais t’expliquer de façon transparente ce que tu paies quand tu achètes dans le Lapisorium. Je ne les achète pas : je les fabrique Contrairement à la plupart des fabricants d’aquarelle qui achètent des pigments prêts à l’emploi, au Lapisorium je fabrique moi-même les pigments à partir de roches brutes, de terres et de minéraux naturels. Cela implique : Chaque pigment demande plusieurs heures, voire des jours de préparation. Il ne s’agit donc pas simplement de « mélanger » une poudre achetée, mais de transformer la roche en couleur utilisable. Une quantité de peinture supérieure à la moyenne Un demi-godet industriel contient environ 1,5 ml. Mes godets contiennent généralement entre 4 et 5ml de peinture, soit deux à trois fois plus. Cela signifie plus de pigments, plus de liant, et plus de temps de remplissage — car je procède en plusieurs couches séchées naturellement pour assurer solidité et qualité de réhydratation. Un travail manuel précis à chaque étape Chaque godet de peinture passe par les étapes suivantes : Chaque lot de couleur est testé en conditions réelles pour garantir la transparence, la réactivation, la durabilité et la lumière. Un support durable et écologique : le bois Les godets sont faits de bois imputrescible (chêtaignier, robinier, noyer…), bien plus cher et exigeant à travailler que le plastique. Chaque godet est poncé, traité, gravé et verni à la main. Ils sont pensés pour être réutilisables ou compostables, dans une démarche respectueuse de l’environnement. Le cadre légal d’une auto-entreprise artisanale En tant qu’artisane enregistrée en auto-entreprise, je reverse près de 25 % du chiffre d’affaires en cotisations sociales et fiscales. Chaque vente doit donc couvrir non seulement le matériel et le temps, mais aussi les charges, le matériel d’atelier, les frais postaux, les tests et les pertes. Un prix comparé au marché : cohérent, voire généreux D‘autres artisan(e)s de l’aquarelle naturelle proposent des demi-godets entre 8 et 15 €. Mes godets, souvent deux fois plus grands, sont proposés dans une gamme égale ou inférieure proportionnellement. Autrement dit : plus de matière, plus de travail, pour un tarif très juste. En conclusion : transparence, qualité, et passion Acheter un godet ou un pigment au Lapisorium, c’est acheter du temps, du savoir-faire, et de la matière naturelle transformée avec amour. Rien n’est sous-traité, rien n’est automatisé. Et non, je ne m’enrichis pas sur le dos de mes clients — parce que soyons honnêtes, si l’on pouvait s’enrichir dans l’artisanat, ça se saurait… 🙃 Je ne suis rien de plus qu’une créatrice passionnée, comme tant d’autres, qui essaie de vous proposer des produits en lesquels je crois, tout en essayant d’être juste assez rentable pour que l’aventure puisse continuer. Si l’on divise le prix par les heures de travail, la quantité de matière, la qualité des matériaux et le respect de la nature, alors le coût final est non seulement justifié : il est honnête. Si vous avez la moindre question, n’hésitez pas à m’écrire : je réponds à tous les mails et à toutes les interrogations avec transparence. 💌 Je n’ai strictement rien à cacher dans cette aventure — bien au contraire. Je suis convaincue que la prise de conscience passe par la compréhension, et dans ce projet, le dialogue fait pleinement partie du concept. A très vite 🫶🏽 Nina

Couleurs & Collections, Histoire de l'Art, Minéralogie

Qu’est-ce qu’une aquarelle minérale ?

L‘aquarelle minérale intrigue de plus en plus d’artistes en quête de naturalité, d’authenticité et de couleurs uniques. Mais que se cache-t-il réellement derrière cette appellation ? Viens avec moi Jamie, je vais t’expliquer tout ce qu’il faut savoir sur cette peinture d’un autre temps, remise au goût du jour par les artisans d’aujourd’hui . . . ⭐️ Sommaire : Une peinture née de la pierre Contrairement aux aquarelles industrielles, les aquarelles minérales sont élaborées à partir de pigments extraits de pierres naturelles. Ces pierres (semi-précieuses, roches ou minéraux) sont broyées finement pour en tirer une poudre colorée, puis mélangées à un liant — généralement à base de gomme arabique et parfois de miel ou de glycérine végétale — pour créer une peinture aqueuse et souple. 💡Exemples de pierres utilisées : malachite, hématite, lapis-lazuli, lazurite, ocre rouge… Mais je te vois venir . . . Est-ce que ça veut dire qu’une aquarelle à partir de terre (ex : terre verte) n’est pas une aquarelle considérée comme « minérale » ? Et bien si ! Une aquarelle faite à partir de terre naturelle, comme la terre verte, est considérée comme une aquarelle minérale. Je t’explique : 🌱Qu’est-ce qu’un pigment minéral ? Un pigment est dit minéral s’il provient de matières inorganiques naturelles issues de la croûte terrestre. Cela inclut : Les terres sont des pigments géologiques, c’est-à-dire issus de la décomposition de roches et de matières minérales riches en oxydes métalliques (fer, manganèse, etc.). Donc, terre = pigment minéral. Par exemple : 👉 Ces pigments ont été utilisés depuis la préhistoire, notamment dans les peintures rupestres. Mais revenons à nos moutons . . . 🐑🐑🐑 🧪Une composition 100% naturelle L’aquarelle minérale se distingue par : 🎨Un rendu unique sur papier Chaque pigment minéral réagit différemment sur le papier : ✨ L’aquarelle minérale ne cherche pas la perfection, mais l’émotion. 💚Pourquoi choisir une aquarelle minérale ? 🖌️À qui s’adresse l’aquarelle minérale ? Prêchant pour ma paroisse, je serais tentée de répondre : tout le monde ! Mais en réalité — et comme je le dis souvent — cette aquarelle, que je considère comme luxueuse (au vu du prix des matériaux et du travail qu’elle exige), ne devient réellement précieuse que si on en fait quelque chose, en l’utilisant en pleine conscience de ses origines. . . ✨ Alors, pour répondre plus sincèrement à la question, je dirais que l’aquarelle minérale s’adresse avant tout à celles et ceux qui ont envie de peindre en conscience, dans une démarche respectueuse, sensible, et connectée à la matière. 🛍️Où trouver des aquarelles minérales ? Chez Lapisorium, chaque godet est fabriqué artisanalement en Alsace et rempli d’aquarelle minérale, réalisée à partir de véritables pierres naturelles sélectionnées avec soin. Les pierres sont broyées au mortier, puis tamisées à la main pour en extraire les pigments. Ceux-ci sont ensuite mélangés à un liant fait maison, avant que chaque couleur ne soit coulée dans un godet en bois. Voilà, tu en sais désormais autant que moi (ou presque !) sur ce monde merveilleux des aquarelles minérales . . . Si tu as des questions, n’hésite surtout pas à m’écrire — je me ferai un plaisir d’y répondre avec joie et passion. 💌 À très vite, Nina alchimiste du L a p i s o r i u m .