Nom de l’auteur/autrice :Lapisorium

Couleurs & Collections

Pourquoi les noms des couleurs comptent tant

Je crois qu’une couleur ne vit vraiment que lorsqu’elle reçoit un nom. C’est à ce moment-là qu’elle respire, qu’elle s’incarne, qu’elle se met à raconter quelque chose. Le nom, c’est ce petit souffle qui relie la matière à l’histoire, la pierre au pinceau, le minéral au monde. Quand je cherche un nom pour une couleur, je ne choisis pas simplement une “belle sonorité” (on dirait hein, mais non!). Je la regarde dans son intégralité : sa pierre d’origine, son histoire géologique, sa symbolique dans les civilisations, ses différentes liens au fil des temps… Tout compte. Parce qu’une couleur n’est pas qu’un ton sur une palette — c’est un morceau de l’histoire qu’on dépose sur le papier. ( Et parfois aussi sur la table, sur les doigts, sur le pull. . . mais ça, c’est une autre histoire. ) 💎 Nommer, c’est donner vie Il y a quelque chose de presque magique dans le fait de nommer. C’est comme si la couleur, jusque-là endormie, ouvrait les yeux d’un coup. Elle devient “quelqu’un”. Elle porte une mémoire, une voix, une présence. Quand je crée une couleur à partir d’un minéral, je ressens vraiment que je peins avec du vivant. Pas avec un colorant synthétique au doux nom de PB29 (oui, le bleu outremer, ce bleu sublime au nom d’imprimante — moins poétique, on est d’accord). Derrière chaque teinte naturelle, il y a des milliers d’années de géologie, de volcans, de mers disparues et de civilisations entières qui ont aimé ce bleu, ce rouge ou ce vert avant nous. De quoi donner un peu de vertige en ouvrant le pot de pigment! 🌿 Les noms et la durabilité J’ai longtemps hésité : palettes avec les noms, ou sans les noms ? Sans, c’était plus écologique : cela permettait de recharger vos palettes à l’infini, d’utiliser vos propres peintures après les couleurs du Lapisorium. Mais avec les noms… Ah, avec les noms, tout change! L’objet devient vivant. Il n’est plus simplement pratique — il devient émotionnel, poétique, presque intime. Ce n’est plus juste “une palette de peinture”, c’est un petit morceau d’histoire minérale, une œuvre artisanale à part entière. (Et honnêtement, sans les noms, je crois que mes couleurs se vexeraient de cette anonymisation !) ✨ Derrière chaque nom, une histoire Rien n’est choisi au hasard, jamais. Chaque nom me trotte dans la tête des jours entiers. Il doit sonner juste, vibrer juste. Parfois, j’ai une illumination en broyant un pigment. Parfois, je passe trois nuits à me convaincre que “Larmes d’Hermès” est meilleur que “Café de Zeus”. C’est un peu du brainstorming mythologique à la lueur de la lampe à huile (ou presque). Et bientôt, je vous raconterai tout ça : pourquoi Miroir d’Hélios s’appelle ainsi, d’où viennent les fameuses Larmes d’Hermès, ce que cache Mirage d’Atacama, ou encore ce qui brûle dans le Rouge Alchimique. Parce que oui, ces noms ne sont pas juste jolis. Ils sont la mémoire de la pierre, de l’homme et du geste. 💬 En vérité… Nommer, c’est ma manière à moi de remercier la matière. De lui dire : “Tu existes, je te vois, et maintenant, tu as un nom.” Et c’est aussi ma manière de résister un peu au monde des “bleu n°3” et des “pigment code PB29”. Parce que soyons honnêtes : entre Bleu d’Ishtar et PB29, le cœur ne balance pas longtemps. Alors voilà. Si vous vous demandiez pourquoi je passe parfois trois jours à chercher un nom, c’est parce qu’à mes yeux, c’est là que la magie commence. Et que, quelque part, quand vous peignez avec mes couleurs, vous peignez un peu avec des histoires qui respirent. . . ✨ À très vite, (et promis, la prochaine fois que je me bats trois jours avec un nom, je vous montre les brouillons. Spoiler : il y a souvent des dragons, des volcans et des fées.) 💙

Vie ma vie en artisanat

Se perdre dans la création (et s’y retrouver… plus ou moins)

Créer, c’est merveilleux… et épuisant. Parce que quand l’imagination démarre, elle ne s’arrête plus. Une idée en amène dix, qui en amènent cent, et à la fin, il n’y a plus de place dans la tête (ni sur l’établi, ni sur la table, ni sur le plan de travail… bref, le chaos créatif total). Sommaire :  Le vertige de l’infini (ou comment avoir 100 idées avant le café) Il m’arrive souvent de me réveiller avec une idée de palette, puis une autre dans la douche, une autre en préparant le café, et une dernière pendant que j’envoie un mail — résultat : aucune n’est encore commencée, mais toutes existent dans ma tête. On dit que les limites brident la créativité. Franchement ? Je crois que c’est l’inverse. L’absence de limites, c’est le vrai piège. C’est comme être lâché dans un magasin de pigments sans panier. Tu veux tout, tu prends tout, et au final. . . tu ne sais plus quoi faire de tout ça (et tu finis couvert de poussière colorée en te disant “bon, on verra demain”). Le bois : la ressource (et la tentation permanente) J’ai choisi le bois comme matière principale, d’abord pour des raisons durables, mais aussi parce que c’est beau, noble, (et que ça sent bon l’atelier!) Sauf qu’avec le bois, c’est comme avec les couleurs : on ne s’en lasse jamais! Chaque essence a sa personnalité : le chêne qui fait le costaud, le noyer qui frime un peu, le hêtre tout doux, le châtaignier rustique, le teck qui se sent unique et exotique. . . et forcément, j’ai envie de tous les essayer, tous les intégrer à mes projets. Résultat : Je passe mon temps à imaginer de nouvelles palettes : plus petites, plus grandes, plus fines, plus foncées, plus claires, plus rondes, pas rondes du tout. Bref, si vous saviez le nombre de prototypes qui dorment dans un coin, vous comprendriez pourquoi je dis souvent que l’atelier est vivant (et légèrement envahi). Mais j’aime ça. J’aime penser que chaque bois peut raconter une histoire différente. Et j’imagine chacun de vous avec votre propre palette : – le globe-trotter qui peint sur un rocher (et finit avec du sable dans ses godets), – l’urbansketcher qui dégaine son pinceau au café, – le rêveur qui peint au calme, les cheveux dans la lumière, avec un chat qui s’installe pile sur la feuille encore humide. Oui, chacun son bois, chacun ses couleurs, chacun ses drames créatifs. Trop d’idées, pas assez de mains (le grand classique) Le vrai problème quand on a trop d’idées, c’est. . . qu’on a toujours l’impression d’en rater une. On veut tout faire, tout explorer, tout tester. Et au final, on finit par ne rien commencer du tout. Ça peut être pareil en dessin, en peinture. . . Bienvenue dans le club très fermé de la page blanche artisanale. C’est ce moment où tu regardes ton établi, les matériaux, le bois, les pigments, et tu bloques. Parce qu’il y a TROP. Trop de possibilités, trop de directions, trop de “et si je faisais plutôt…”. Et soyons clairs : à ce stade, même faire du tri dans les pinceaux devient une excuse acceptable pour procrastiner. Alors j’ai appris une chose essentielle : Les limites, ce n’est pas un frein. C’est une rampe de lancement. Sans elles, on se perd dans l’infini. Avec elles, on avance vraiment. (Bon, lentement parfois, mais au moins, on avance dans une direction qui a un nom.) Ma solution : créer en éditions limitées (sinon, je disparais dans la sciure) Je ne fais pas de pièces uniques, mais des éditions limitées. Pourquoi ? Parce que sinon, je ne m’en sors pas. 😅 Faire une série, c’est donner à une idée un espace pour exister, puis la laisser vivre sa vie pendant que la suivante arrive en coulisse. C’est aussi une manière de canaliser le flot d’idées sans l’étouffer. Je peux tester, explorer, recommencer — mais dans un cadre clair. Et puis entre nous, ça garde aussi une part de fraîcheur : les séries changent, se renouvellent, évoluent. C’est mon compromis entre liberté et structure. Parce que si je me laissais vraiment aller, je crois que je fabriquerais des palettes 24h/24, jusqu’à finir engloutie sous une montagne de copeaux et de cailloux broyés. La beauté du chaos (et des différences) Ce que j’aime dans ce métier, c’est qu’il n’y a pas UNE façon de faire. Il y en a autant que de créateurs. Certains adorent la rigueur, d’autres le hasard total, certains ont trois palettes bien rangées, d’autres (comme moi) en ont quinze, un peu partout. Et c’est ça qui est beau. Nos différences font notre richesse. Nos envies, nos besoins, nos gestes, nos couleurs. Si tout le monde peignait pareil, le monde serait d’un ennui mortel. Alors oui, on se perd parfois dans la création. On doute, on recommence, on râle, on refait. Mais si au bout du chemin, on finit par créer quelque chose qui nous ressemble — même un peu — alors le jeu en valait la chandelle. Et franchement, se perdre dans les bois (au sens propre comme au figuré), ça a parfois du bon. Surtout quand on en ressort avec une palette qui sent la résine et l’idée fraîche. 🌿 En conclusion : trouver son équilibre Créer, c’est comme marcher sur un fil entre folie et beauté. Il faut accepter de ne pas tout maîtriser, de parfois se perdre, de recommencer encore et encore. Mais c’est justement là, dans ces allers-retours entre chaos et clarté, que la magie se cache. Alors si vous aussi vous avez mille idées à la minute : respirez, notez-en deux ou trois, commencez-en une, et gardez les autres pour demain. (Spoiler : demain, vous en aurez dix nouvelles de toute façon.) 💡 Moralité ? Les limites ne sont pas là pour freiner la créativité. Elles sont là pour qu’on ne se transforme pas en boule de nerfs recouverte de pigments et de copeaux de bois. Et ça,

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Quand la lumière devient matière

L’automne, c’est un peu cette période où la nature prend une grande inspiration avant d’hiberner. La lumière baisse, les tons se réchauffent, les forêts sentent la mousse humide et le bois chauffé par les derniers rayons du soleil. L’automne, c’est cette drôle de période où la nature ralentit, la lumière se fait dorée, et moi, je commence à ramasser des pierres dans mon atelier en me disant : “Et si je mettais ça en bouteille ?” 😅 De ces réflexions très sérieuses (promis), est née : 🍂 Les Lueurs de l’Automne🍂 La nouvelle collection de pigments minéraux faits main dans mon atelier. Une palette inspirée par la lumière basse, les sols humides et les reflets métalliques de la saison. Chaque pigment a été lavé, broyé, tamisé et mis en fiole à la main, avec autant de patience que de poussière dans les cheveux. Disponible en coffret complet ou en fiole unique, cette collection capture la saison dans toute ses nuances — entre chaleur et ombre, douceur et feu de cheminée. 🌿 Les pigments minéraux du Lapisorium 🌞 Voile Solaire – La douceur de la limonite Un jaune pâle et tranquille, comme un matin d’octobre. La limonite, c’est une roche riche en fer, formée quand d’autres minéraux s’altèrent. Elle donne une teinte lumineuse, stable, pleine de chaleur. Son nom vient du grec leimon (“prairie”), pourquoi ? Ça, ne m’en demandez pas trop. . . 🌰 Tellure — La chaleur dorée de la chlorite La chlorite, ici, n’a rien de vert. Sous cette teinte brune aux reflets dorés se cache une roche métamorphique issue des profondeurs terrestres. C’est un pigment qui parle de transformation — un peu comme la robe de la forêt en cette saison : changeante, et pleine de nuances ! ⚫Voile de Plomb — Le silence du graphite Le graphite, c’est ce noir soyeux que tu connais peut-être mieux sous forme de crayon ✏️ Mais ici, c’est une poudre minérale pure, tirée de roches métamorphiques. Un noir mat et dense qui structure la palette et équilibre les teintes chaudes. C’est la couleur du calme, du silence et de l’ombre juste avant le soir. . . 🔥 Miroir d’Hélios — La braise de l’hématite Et puis, il y a l’hématite, ma pierre préférée (ne le dites pas aux autres). Un minéral de fer gris métallique qui, une fois broyé, révèle des reflets rouges et argentés. Son nom vient du grec haima — “sang” — pour son aspect rouge profond. C’est la couleur de la braise, du feu devant lequel on se blotti avec une bonne couette et un thé en pleurnichant du froid qui arrive sans prévenir ! Une palette d’automne entre lumière et matière Les Lueurs de l’Automne, c’est un hommage à la saison où tout se transforme. La lumière se retire du ciel pour se réfugier dans la terre, et c’est là qu’elle devient couleur. 🌞 Voile Solaire – la lumière douce 🌰 Tellure – la terre chaude ⚫ Voile de Plomb – l’ancrage 🔥 Miroir d’Hélios – la flamme Chaque pigment est 100 % naturel, sans additif, et compatible avec tous les médiums : aquarelle, gouache, huile, tempera ou autres expérimentations créatives. 💎 Coffret ou fioles individuelles Vous pouvez découvrir la collection sous deux formats : Le tout, toujours broyé à la main, en édition limitée, et emballé avec soin. 🌾 Une création artisanale et responsable Chaque pigment du Lapisorium est une rencontre entre la géologie et la création. Des pierres naturelles, travaillées lentement, avec respect des techniques ancestrales. Parce que peindre avec la terre, c’est aussi peindre avec ce qu’elle a de plus vivant. Et puis, entre nous, rien ne vaut la satisfaction de voir une couleur naître sous le mortier. (C’est un peu comme un lever de soleil, mais version poussière de pierre.) 💬 Les Lueurs de l’Automne, c’est ma façon de garder un peu de chaleur dans les doigts, quand dehors, la lumière commence à se faire rare. À découvrir dès maintenant sur la boutique du Lapisorium et sur la page Instagram si tu veux voir la création de ces pigments étape par étape. Si tu as des questions, n’hésite surtout pas à m’écrire — je me ferai un plaisir d’y répondre avec joie et passion. 💌 À très vite, Nina alchimiste du L a p i s o r i u m    

Couleurs & Collections

Outremer : du bleu des anges aux violets et verts de laboratoire

Le mot outremer évoque aussitôt un bleu éclatant, presque céleste, comme s’il venait tout droit du paradis. Et en un sens, ce n’est pas faux. . . sauf qu’il venait surtout d’Afghanistan. Fra Angelico ou Giotto devaient l’acheter au prix de l’or, littéralement, puisque ce bleu était obtenu à partir d’une pierre semi-précieuse : le lapis-lazuli. Aujourd’hui, bonne nouvelle : vous pouvez en acheter pour quelques euros. Vous sortez votre boîte d’aquarelle et hop : un joli godet d’outremer vous attend. Pas besoin de caravane, pas besoin d’hypothéquer la maison. Mauvaise nouvelle (ou pas) : ce n’est plus du lapis, mais une version synthétique inventée au XIXᵉ siècle. Et l’histoire ne s’arrête pas là : il a même eu des petits frères violets, roses et verts que Fra Angelico n’aurait jamais pu imaginer. Si si, ne bouge pas, on en parle tout de suite ! Sommaire :  L’outremer naturel : le bleu qui valait plus que l’or. Oui je sais, vous en avez marre de l’entendre cette phrase, moi aussi. Même si elle est vrai. Au Moyen Âge et à la Renaissance, ultramarinus signifiait « au-delà des mers » : c’était le bleu du lapis-lazuli, extrait des mines d’Afghanistan, broyé puis lavé patiemment pour isoler la poudre bleue des impuretés. Cet outremer-là, c’est celui qu’on retrouve dans les fresques du fameux Fra Angelico : un bleu profond, lumineux, mais rare comme un bon café à Florence en 1420. Une couleur de foi et de prestige L’outremer n’était pas seulement esthétique, il était symbolique : Les contrats médiévaux précisaient parfois la quantité exacte d’outremer que le peintre devait employer (bah oui au même titre qu’un sous est un sous, un milligramme est un milligramme!). Si le commanditaire n’avait pas les moyens, on remplaçait l’outremer par de l’azurite, moins chère et moins lumineuse. La révolution du XIXᵉ siècle : l’outremer à prix cassé En 1828, deux chimistes européens (Guimet et Gmelin) trouvent la recette miracle : fabriquer un bleu très proche du lapis. . . mais à partir de matériaux ordinaires (silice, soufre, soude) chauffés à très TRES haute température. Résultat : un bleu très proche, et l’outremer devient abordable, stable, et disponible en grande quantité. Dès lors, fini le bleu réservé aux princes et aux saints : tout peintre peut s’offrir un ciel « Fra Angelico style » pour quelques sous. L’outremer cesse d’être un trésor rare pour devenir un pigment accessible à tous. Les artistes peuvent enfin remplir leurs toiles entière de bleu sans hypothéquer une maison. ( 💡 Anecdote : Guimet reçut un prix de l’Académie des sciences pour sa découverte. On a même parlé de « bleu Guimet ». . . mais reconnais que ça sonne moins poétique sur une boîte d’aquarelle que « Outremer ». ) Si tu veux en savoir plus sur l’histoire du Bleu Guimet je te laisse un bel article des BeauxArts ici : https://www.beauxarts.com/grand-format/le-bleu-guimet-une-surprenante-histoire-damour-et-de-chimie-au-xixe-siecle Les petits cousins modernes : violet, rose et vert outremer La chimie n’aime pas s’arrêter en si bon chemin. En bidouillant la cuisson et la proportion de soufre, les fabricants découvrent qu’ils peuvent obtenir : Et là les gars, sérieusement, il va falloir qu’on remette les choses au clair. . . . . . Ces couleurs n’ont jamais, JAMAIS, jamais, existé à l’état naturel. C’est l’outremer qui s’est offert une garde-robe moderne, façon XIXᵉ siècle. Ce sont des inventions modernes, très appréciées en aquarelle pour enrichir la palette avec des tons sûrs et non toxiques. ( D’ailleurs au XIXᵉ siècle, certains nuanciers mentionnaient des variantes nommées « Outremer céleste » ou « Outremer cendré ». Déjà, les marchands savaient vendre du rêve aux artistes. . . ) Pourquoi garder le nom « outremer » ? On aurait pu les appeler « violet chimique » ou « vert de laboratoire ». . . mais ça vend moins de rêve. Le mot « outremer », lui, évoque immédiatement : Conclusion 🖌️ Moralité : quand vous posez un lavis d’outremer dans votre carnet d’aquarelle, vous n’utilisez pas la même poudre que notre bon et talentueux Fra Angelico. Mais vous maniez son héritier moderne, démocratique et fiable. Et, franchement, pouvoir peindre un ciel entier sans vendre un rein ni partir creuser en Afghanistan. . . c’est plutôt une bénédiction, non ? Bonus : l’Outremer « Bleu Royal » du Lapisorium 🌟 Vous l’aurez compris, l’outremer des boîtes d’aquarelle vendues dans le commerce est un pigment synthétique, héritier du XIXᵉ siècle. Mais… et si vous rêviez encore de goûter à la vraie magie du lapis-lazuli, tel que l’utilisaient Fra Angelico ou Giotto ? C’est exactement ce que je propose dans le Lapisorium : une couleur Bleu Royal extraite selon les procédés ancestraux de notre pote Angelico, identiques à ceux utilisés par les peintres de la Renaissance. Pas de raccourci industriel, pas de substitut : seulement le patient travail qui sépare le bleu profond du lapis de ses impuretés, comme il y a cinq siècles. 🎨 Parce que parfois, aimer la peinture, c’est aussi aimer l’authenticité. 🕰️ Et parce qu’avouons-le : je le répète mais tout le monde n’a pas forcément le temps (ni l’équipement !) pour aller creuser dans les montagnes d’Afghanistan. Et au Lapisorium, on l’avoue sans honte : ✨ Si vous aimez les choses vraies, ancestrales et intenses, venez découvrir le Bleu Royal du Lapisorium : un petit morceau de ciel médiéval à déposer sur votre papier aquarelle. Maintenant que tu sais tout, je te laisse avec de jolies photos de cette merveille minérale. Si tu as des questions, n’hésite surtout pas à m’écrire — je me ferai un plaisir d’y répondre avec joie et passion. 💌 À très vite, Nina créatrice du L a p i s o r i u m

Créativité & Tuto

Fabriquer sa propre peinture à partir de pigments minéraux

– Guide pratique (et un peu magique) pour artistes curieux – Dans la boutique du Lapisorium, je vous propose des pigments naturels issus de pierres semi-précieuses, réduits à une granulométrie fine (200 microns), prêts à l’emploi — pas besoin de jouer à l’alchimiste avec un mortier ! Vous pouvez plonger directement dans la création, sans transformer votre atelier en laboratoire de potions ! Si je fabrique mes propres aquarelles à partir de ces pigments, je sais que tout le monde ne rêve pas de lavis et de pinceaux trempés dans l’eau. . . Certains préfèrent la matière, l’opacité, l’huile qui sent bon l’atelier (ou pas), et la texture sous le couteau. Cet article est donc là pour vous : pour vous inspirer, vous guider et vous prouver qu’un pigment, ce n’est pas juste pour l’aquarelle ! Sommaire :  – Aquarelle artisanale – Gouache maison – Peinture acrylique – Peinture à l’huile – Tempera : la peinture à l’œuf Que faire avec ces pigments (en dehors de les admirer dans un petit pot) ? Voici ce que vous pouvez créer avec ces précieuses poudres colorées. Il vous suffit d’un liant adapté, et d’un soupçon de curiosité artistique : Aquarelle artisanale Liant : gomme arabique + glycérine + eau + miel (facultatif) C’est la base. Le combo parfait pour les amoureux de transparence, de superpositions subtiles et d’effets granuleux qui font « wouah » même quand on ne s’y attend pas. Gouache maison Liant : gomme arabique + craie (ou blanc de titane) + eau C’est l’aquarelle qui a mangé un peu trop de blanc – mais elle a bon goût. Elle est mate, couvrante, parfaite pour les aplats, les illustrations, ou les jours où vous n’avez pas envie de diluer votre art. Peinture acrylique Liant : médium acrylique (en boutique d’art) Mélangez le pigment à un liant acrylique, et bim ! vous avez une peinture moderne à l’aspect minéral, unique, qui résiste au temps et aux maladresses (et même parfois aux enfants)… Peinture à l’huile Liant : huile de lin + (optionnel) siccatif naturel On entre ici dans la catégorie « peinture avec du caractère ». L’huile donne aux pigments une profondeur incroyable. Ça sèche lentement (très lentement), mais c’est souvent comme ça avec les plus belles choses. 👉 Pour les artistes patients, passionnés. . . ou tout simplement nostalgiques des maîtres anciens. Tempera : la peinture à l’œuf Liant : jaune d’œuf + eau La tempera, c’est un peu la peinture préférée des maîtres anciens avant l’invention de l’huile. Moins de gens la connaissent et POURTANT ! Elle utilise un ingrédient que tout le monde a dans son frigo (et non, ce n’est pas du ketchup) : le jaune d’œuf. Le jaune d’œuf agit comme un excellent liant naturel. Il donne une peinture fine, lumineuse, très résistante au temps et qui sèche rapidement. Pour la fabriquer, on sépare le jaune du blanc (oui, comme en pâtisserie), on perce la membrane, et on le mélange avec un peu d’eau et de pigment minéral. 👉 Le rendu est mat, délicat, avec une finition veloutée très appréciée pour les icônes, fresques, enluminures… ou les artistes modernes qui aiment le vintage. 💡 Astuce : utilisez-la fraîche, elle ne se conserve pas très longtemps. (Encore une raison de ne pas peindre à 3 h du matin sur un coup de tête… ou alors, soyez rapide !) ⚠️ Le cas des pigments (trop) dangereux Certaines pierres ont beau être splendides, elles cachent un petit côté « vilain méchant toxique ». C’est le cas du : Rappelle-toi, je t’ai déjà tout expliqué d’eux : ici ! Ces pigments-là, on les admire. . . de loin. 💨 Sous forme de poudre, ils deviennent volatiles, toxiques, et franchement pas sympas pour vos poumons. 👉 C’est pourquoi je ne les vends pas sous forme de pigment sec, mais je les propose en aquarelle déjà liée, là où ils sont parfaitement sécurisés et prêts à faire des merveilles sur le papier — sans vous empoisonner. Oui, la beauté peut parfois être mortelle… mais pas chez Lapisorium ! Quelques précautions (même avec les gentils pigments) 🔐 Même si mes pigments sont prêts à l’emploi et non toxiques, un peu de bon sens artistique ne fait jamais de mal : Pourquoi faire sa peinture soi-même ? (spoiler : parce que c’est génial) ✨ Faire sa peinture, c’est : C’est un acte d’indépendance artistique. . . et franchement, c’est plutôt stylé non? Où trouver ces merveilles minérales ? 👉 Voir les pigments minéraux disponibles 👉 Explorer les aquarelles, y compris celles à base de cinabre, réalgar et orpiment (sans danger, promis) En résumé Créer ses propres peintures à partir de pigments minéraux, c’est comme cuisiner avec des épices rares : ça change tout. Les couleurs vibrent autrement. L’acte de peindre devient plus intime. Plus vrai. Plus ancré. Plus cérémonial. Et oui, n’oublions pas que chaque pigment est une pierre qui a voyagé dans le temps. À toi de la transformer en lumière. . . 🎨 Si tu as des questions, n’hésite surtout pas à m’écrire — je me ferai un plaisir d’y répondre avec joie et passion. 💌 À très vite, Nina créatrice du L a p i s o r i u m

Histoire de l'Art

Pigments historiques : faut-il s’inquiéter ?

⸻ Quand on évoque des pigments comme le cinabre, le réalgar ou l’orpiment, les réactions sont souvent les mêmes : inquiétude, peur, méfiance. Ces minéraux sont associés à des mots lourds – mercure, arsenic, toxicité. (Pas exactement les ingrédients d’un smoothie santé, nous sommes d’accord.) Mais il faut se rappeler que ces pigments ont accompagné l’histoire de la peinture pendant des siècles, parfois millénaires, et qu’ils ont embelli des milliers d’œuvres que l’on admire encore aujourd’hui dans les musées. Alors, faut-il réellement s’inquiéter ? Sommaire :  Des pigments précieux au cœur de l’histoire Ces minéraux n’étaient pas choisis par hasard. Ces couleurs avaient une valeur symbolique autant qu’esthétique. Elles étaient précieuses, et leur usage conférait aux œuvres un éclat presque surnaturel. Bref, des couleurs qui savaient se faire remarquer. ⸻ La nature, chimiste en chef Il est parfois bon de rappeler que l’homme n’a rien inventé : les pigments les plus éclatants, comme les poisons les plus redoutables, viennent de notre belle Mère-nature. Le réalgar, l’orpiment, le cinabre… tous ces minéraux sont naturels. Ils n’ont pas été fabriqués en laboratoire, mais extraits de la terre. Et ce sont précisément ces composés “naturels” qui peuvent contenir de l’arsenic ou du mercure. C’est un paradoxe fréquent : on associe souvent “naturel” à “inoffensif”, et “chimique” à “toxique”. (Vous savez, au même titre que « bio » = « healthy ». . . 😅bon je m’éloigne, c’est un autre sujet!) Mais les meilleurs poisons sont souvent les plus anciens, et ceux que la nature elle-même a formulés. L’important, ce n’est donc pas de fuir ce qui est naturel ou chimique, mais de comprendre comment les utiliser en toute sécurité. ⸻ Petite histoire des poisons célèbres L’arsenic et le mercure ont toujours fasciné — à la croisée de l’art, de l’alchimie et… du crime. Leur puissance toxique est connue depuis l’Antiquité, et ils ont été utilisés aussi bien comme remèdes que comme poisons. ( Donc ce n’est probablement pas un empoisonnement volontaire, mais une exposition chronique à une déco trop tendance… et trop toxique. ) ( Un poison “raffiné” pour les intrigues de palais.) – Le blanc de plomb (céruse) : pigment très courant, utilisé pour les éclaircissements. Hautement toxique, surtout en cas d’exposition prolongée. – Le vermillon : à base de cinabre (sulfure de mercure), utilisé pour ses rouges intenses. – Le jaune de Naples : pouvait contenir du plomb. – D’autres pigments à base de cuivre ou d’arsenic, parfois utilisés selon les époques et les ateliers. À une époque où les artistes manipulaient eux-mêmes leurs couleurs, broyaient les pigments à sec et peignaient en milieux peu ventilés, l’exposition répétée était inévitable (bien évidemment, sans masque, sans gants, et sans les connaissances que nous avons aujourd’hui). Dans le cas de Goya, cette intoxication aurait pu contribuer à ses troubles physiques… mais aussi à l’intensité sombre de ses œuvres tardives, comme les Peintures noires. Une forme d’alchimie toxique entre l’art et le corps. Ironie de l’histoire : ces substances ont autant servi à créer la beauté qu’à l’anéantir. Tout est question de dosage, de contexte… et de précautions. ⸻ Où réside réellement le danger ? Il est important de distinguer deux choses : En clair : ce n’est pas la peinture qui est en cause, mais la poussière. Le danger est pour celui qui fabrique, pas pour celui qui peint. C’est la poudre brute, pas le coup de pinceau, qu’il faut manipuler avec prudence. ⸻ Pourquoi a-t-on arrêté de les utiliser ? On pourrait croire que c’est uniquement à cause de leur toxicité, alors oui, mais l’histoire est plus nuancée : ⸻ Les œuvres témoignent de leur sécurité Si ces pigments avaient été si dangereux une fois posés sur le support, les manuscrits médiévaux, les fresques et les tableaux n’auraient pas traversé les siècles. Or, ils sont encore là, consultés par des générations de spectateurs, chercheurs, conservateurs… sans que personne ne tombe malade d’avoir feuilleté un livre enluminé ou admiré une fresque romaine. L’exemple le plus parlant est celui des enluminures médiévales : certaines sont couvertes de cinabre et d’orpiment. Or ces manuscrits ont été manipulés par des moines, des érudits, des collectionneurs, puis par les conservateurs des bibliothèques depuis des siècles. La précaution a toujours existé, mais jamais ces livres n’ont été considérés comme des objets “empoisonnés”. Ils sont traités avec soin, mais pas comme des substances dangereuses. (Pitié, ne venez pas me parler du film « Au nom de la rose« . . . et non, lécher des manuscrits ou des pinceaux n’est pas et n’a jamais été une bonne idée.) ⸻ Aujourd’hui, comment en parler ? Pour un artisan d’aquarelle, la transparence est essentielle. Oui, certains pigments historiques sont classés toxiques. Mais en aquarelle, liés à la gomme arabique et utilisés normalement, le risque est négligeable. Ce qui est dangereux, c’est la poudre brute. C’est pourquoi : ⸻ Une précaution essentielle Même si les risques sont très faibles une fois les pigments stabilisés dans un liant, certaines recommandations restent importantes. Comme pour tout produit artistique, il est recommandé de peindre dans un espace bien ventilé, d’éviter de manger ou boire pendant l’usage, et de se laver les mains après manipulation. Mais ça, c’est une vérité même pour les peintures sortant de l’usine et réalisées avec des pigments synthétiques. . . Par principe de précaution évident, les pigments contenant des métaux lourds (même sous forme de peinture) ne sont pas adaptés aux enfants, ni aux femmes enceintes ou allaitantes. Cela ne veut pas dire que peindre avec une aquarelle minérale est dangereux, mais qu’on évite toute exposition inutile pour les publics les plus sensibles. ⸻ En résumé Si l’on a arrêté d’utiliser le cinabre, le réalgar ou l’orpiment, ce n’est pas parce que peindre avec eux était dangereux une fois secs sur le papier. C’est surtout parce qu’ils étaient rares, coûteux, instables, et que les pigments modernes ont pris le relais. Peindre avec une aquarelle artisanale minérale n’a donc rien d’inquiétant, si vous respectez un usage « normal » c’est-à-dire PEINDRE avec. C’est au contraire renouer avec une longue

Minéralogie

Les pigments cachés des falaises et des plages

      Allongée sur ma serviette, un œil sur l’océan et l’autre sur les falaises de l’Algarve (oui, j’essaie de tout voir en même temps), j’ai eu une illumination : et si ces falaises étaient de gigantesques tubes de peinture naturels ? Après tout, elles brillent de mille couleurs sous le soleil. Mais peut-on vraiment fabriquer des pigments avec une falaise ? Spoiler : géologiquement parlant, oui. Pratiquement parlant… mieux vaut éviter de repartir avec un sac à dos plein de cailloux ! ⭐️  Sommaire :  Des falaises qui sentent la mer (et l’histoire géologique) Les falaises de l’Algarve ne datent pas d’hier : elles se sont formées il y a environ 200 millions d’années, quand la région était recouverte par une mer chaude et peu profonde. Bref, un ancien lagon de rêve, sans parasol ni crème solaire. Résultat : un millefeuille de roches que l’érosion sculpte patiemment, transformant les falaises en arches, grottes et sculptures naturelles. (Rodin peut aller se rhabiller.) Les couches d’une falaise : comme un gâteau, mais minéral En levant les yeux, tu remarques vite que les falaises ne sont pas d’une seule couleur. Elles sont stratifiées : chaque couche correspond à une époque différente, comme les pages d’un livre… ou les étages d’un gâteau, et ça, ça c’est fascinant : Chaque bande colorée est une archive du passé, un selfie minéral pris il y a des millions d’années. La couleur : merci les minéraux ! Si les falaises brillent en Algarve, c’est à cause de quelques minéraux très “artistes” : La mer et le vent se chargent ensuite de polir, gratter et mettre en valeur ces nuances. Naturellement, pas besoin d’Instagram : le filtre est déjà inclus. Peut-on peindre avec une falaise ? Bonne question ! Techniquement, oui : broyer une roche ferrugineuse te donnerait de l’ocre ou du rouge, comme l’ont fait nos ancêtres préhistoriques. Mais attention, ce n’est pas une invitation à attaquer la falaise à coups de marteau pendant tes vacances. Déjà parce que c’est interdit (les falaises sont protégées), et surtout parce que tu risques plus de finir avec une entorse qu’avec un tube de peinture. Et le sable dans tout ça ? Le sable est l’enfant des falaises : il résulte de leur érosion. Et comme tout enfant, il hérite un peu de ses parents : En broyant ces grains (et en les tamisant bien), on obtient des pigments naturels. Mais encore une fois, respirer de la poussière de silice n’est pas l’activité la plus conseillée pour les vacances… Un tableau vivant au bord de l’océan En fin de compte, les falaises de l’Algarve sont déjà de magnifiques pigments, mais à ciel ouvert. Pas besoin de pinceau : le vent, la pluie et les vagues se chargent de peindre le paysage depuis des millions d’années. Alors la prochaine fois que tu seras sur une plage, lève les yeux : ce que tu vois n’est pas qu’un décor de carte postale. C’est une fresque géologique géante, un mélange de science et de poésie, où chaque couleur raconte une histoire vieille de plusieurs ères. Et entre nous… c’est quand même plus sympa de repartir avec une photo qu’avec un seau de sable pigmentaire dans la valise ! Si tu as des questions, n’hésite surtout pas à m’écrire — je me ferai un plaisir d’y répondre avec joie et passion. 💌 À très vite, Nina créatrice du L a p i s o r i u m

Minéralogie

Cinabre : Pourquoi les gisements anciens sont si exceptionnels?

Aujourd’hui, petit point sur le cinabre que j’utilise pour créer la couleur « Rouge Alchimique ». Vous êtes nombreux à l’adorer, et tout aussi nombreux à vous interroger sur cette teinte peu commune — bien différente du cinabre classique qui tire davantage vers le brique. Alors, installe-toi confortablement, prépare-toi un petit thé… et laisse-moi t’emmener pour un voyage à la fois historique et minéralogique. ✨ Depuis des siècles, le cinabre fascine. Ce sulfure de mercure naturel (HgS), source du légendaire vermillon, a envoûté les alchimistes, les peintres de la Renaissance et les calligraphes d’Orient par son rouge d’une intensité inégalée. Mais pourquoi certains cinabres produisent-ils un pigment plus profond et lumineux que d’autres ? Et en quoi un gisement ancien joue-t-il un rôle ? 1. Le temps comme alchimiste : une cristallisation lente et parfaite Dans les gisements anciens, le cinabre a eu des milliers voire des millions d’années pour se former dans les entrailles de la Terre. Ce processus lent favorise : 🌿 En pratique ? Un cinabre ainsi formé est plus facile à broyer en une poudre fine et uniforme. La lumière, au contact des particules, est moins diffusée et plus intensément réfléchie, donnant une teinte vibrante. ⚒️ 2. La profondeur des gisements : pureté préservée Les gisements anciens, souvent plus profonds et éloignés des surfaces exposées, ont été protégés des : À l’inverse, un cinabre récolté dans des couches superficielles peut être altéré, donnant une teinte plus terne, parfois tirant sur le brun ou le gris. 🎨 3. Quand la minéralogie rencontre l’art Pour les artisans et coloristes, la qualité d’un pigment dépend aussi de sa granulométrie (taille des particules) et de sa pureté chimique. Un cinabre ancien : ✔️ se broie plus finement sans libérer d’impuretés (bon ok je vais le dire, mise à part sa toxicité qui m’oblige à porter un masque et des gants, cette pierre est un véritable bonheur à broyer !! ✔️ se disperse mieux dans le liant (gomme arabique, huile, etc.) ✔️ offre un rouge plus lumineux et homogène, sans zones ternes. C’est ce qui explique pourquoi les vermillons issus des grands gisements historiques comme Almadén (Espagne) ou Idrija (Slovénie) étaient si recherchés. ✨ 4. Un pigment rare et précieux Aujourd’hui, le cinabre naturel de cette qualité est une rareté. Pour des raisons éthiques et environnementales, il n’est plus exploité massivement. Les artisans travaillant avec ce trésor savent que chaque gramme est le fruit d’un travail géologique de millions d’années. C’est cette rareté et cette profondeur qui font du Rouge Alchimique bien plus qu’un simple pigment : une couleur chargée d’histoire, de mystère et d’émotion. . .

Créativité & Tuto

L’art de fabriquer ses propres couleurs

L’aquarelle, avec sa transparence et sa légèreté, est d’après-moi l’un des médiums les plus poétiques de l’histoire de l’art. Bon, vous allez dire que je prêche pour ma propre paroisse. . . Mais saviez-vous que pendant des siècles, les artistes fabriquaient eux-mêmes leurs couleurs ? Aujourd’hui, alors que les palettes industrielles dominent, revenir à ces pratiques artisanales nous connecte à une tradition ancienne, et à un savoir-faire qui selon moi, serait triste de perdre. Les origines de l’aquarelle : un art millénaire Extrait du Livre de la Mort des Anciens Egyptiens L’aquarelle trouve ses racines dans l’Antiquité. En Égypte, les artisans utilisaient déjà des pigments naturels mélangés à de la gomme arabique pour décorer papyrus et fresques murales. En Chine, les lavis d’encre et d’aquarelle accompagnaient la calligraphie dès le IVᵉ siècle. En Europe, elle se développe à l’époque médiévale, utilisée par les enlumineurs pour illuminer les manuscrits sacrés avec des couleurs éclatantes. Les pigments étaient alors précieux : lapis-lazuli, or, vermillon… autant de trésors broyés à la main. Mais c’est à partir du XVIIIᵉ siècle que l’aquarelle devient un art à part entière. Avec des peintres comme Albrecht Dürer ou William Turner, elle se libère des contours stricts et devient un outil d’expression de la lumière, du mouvement et de l’émotion. 🖌 Quand les artistes fabriquaient leurs propres aquarelles Collection de pigments du 19ème siècle de Nathalie Beurier Avant l’ère des tubes et des godets standards, chaque peintre devait être aussi un peu alchimiste. Fabriquer ses propres couleurs faisait partie du processus artistique, et chaque atelier avait ses recettes jalousement gardées. ✦ 1. La quête des pigments Les pigments provenaient directement de la nature : Minéraux et pierres broyées : lapis-lazuli (bleu outremer), malachite (vert), cinabre (rouge vermillon). Terres et ocres : pour les bruns et les jaunes. Végétaux et insectes : cochenille (rouge carmin), indigo (bleu profond). Ces matières étaient broyées très finement au mortier puis tamisées pour obtenir une poudre impalpable. ✦ 2. Le liant : la gomme arabique Le médium classique était la gomme arabique, extraite de la résine d’acacia. Dissoute dans de l’eau distillée, elle servait à agglomérer les pigments et leur donner cette transparence si particulière. Pour éviter que la peinture ne devienne cassante en séchant, les artistes ajoutaient souvent un agent humectant naturel : miel, glycérine, ou sucre inverti. Un peu de clou de girofle ou d’essence de thym jouait le rôle de conservateur naturel. ✦ 3. Le broyage et le moulage Le pigment et le liant étaient broyés ensemble sur une plaque de verre ou de marbre avec une molette jusqu’à obtenir une pâte homogène. Cette pâte pouvait être : utilisée immédiatement pour peindre, ou moulée dans de petits godets en coquillage, bois ou métal, puis séchée pour un usage ultérieur. Recette historique : fabriquer son liant pour aquarelle (base) Molette utilisée pour la réalisation de peinture aquarelle artisanale Ingrédients : 10 g de gomme arabique en poudre (qualité alimentaire si possible) 60 ml d’eau distillée chaude 1 c. à café de miel pur (ou glycérine végétale) Pigment naturel (quantité selon la teinte désirée) Quelques gouttes d’huile essentielle de clou de girofle (optionnel, pour conserver) Matériel : Mortier et pilon (pour broyer le pigment) Spatule ou couteau de peintre Plaque de verre/marbre et une molette (muller) Petits moules (godets, coquillages, alvéoles, ou tout autres contenants de votre choix qui sera propre et résistant à l’eau) Étapes : Préparer le liant : Dissoudre la gomme arabique dans l’eau chaude. Ajouter le miel/glycérine et l’huile essentielle. Bien mélanger. Préparer le pigment : Broyer finement les pigments au mortier. Si besoin, laver la pierre et laisser sécher avant broyage. Tamiser pour éliminer les grains. Mélanger : Sur la plaque lisse, déposer le pigment. Verser peu à peu le liant. Broyer longuement avec le muller jusqu’à obtenir une pâte lisse et homogène. Couler : Placer la pâte dans vos contenants. Laisser sécher à l’air libre plusieurs jours. Utilisation : Une fois sec, humidifier et frotter légèrement le godet avec un pinceau pour réactiver la couleur. _______________________________________________________________ ✨ Pourquoi renouer avec cet art ? À une époque où tout est standardisé, fabriquer ses propres aquarelles est un véritable acte de résistance poétique, artistique, et écologique. C’est : – Se reconnecter à la matière et aux gestes ancestraux, – Créer des couleurs uniques, avec une texture vivante impossible à reproduire industriellement, – Pour les artistes, une façon d’ajouter une dimension alchimique à leur pratique. – La possibilité de pouvoir peindre sans avoir les déchets d’emballage de peinture et autres, – Pouvoir peindre avec une qualité de peinture incroyablement pigmentée, naturelle, et authentique. . . Je pourrais encore vous donner mille et un arguments pour vous convaincre que fabriquer sa propre peinture ou utiliser des couleurs artisanales, c’est absolument merveilleux… Mais en réalité, rien ne vaut l’expérience. Essayez, et vous comprendrez ! À très vite ✨ Nina

Vie ma vie en artisanat

Il faut qu’on parle : des prix !

Pourquoi un godet d’aquarelle du Lapisorium coûte ce prix : aujourd’hui je t’emmène avec moi pour une plongée dans les coulisses de la création artisanale . . . ☀️ Lorsqu’on découvre les godets d’aquarelle du Lapisorium, on remarque peut remarquer : des couleurs profondes, naturelles, issues de pigments minéraux fabriqués à la main. Des godets en bois noble, gravés avec soin. Et pourtant, certains s’interrogent sur leur prix. Le prix est énoooorme ! Beaucoup trop cher. . . Est-il vraiment justifié ? La réponse est un oui clair, et voici pourquoi, je vais t’expliquer de façon transparente ce que tu paies quand tu achètes dans le Lapisorium. Je ne les achète pas : je les fabrique Contrairement à la plupart des fabricants d’aquarelle qui achètent des pigments prêts à l’emploi, au Lapisorium je fabrique moi-même les pigments à partir de roches brutes, de terres et de minéraux naturels. Cela implique : Chaque pigment demande plusieurs heures, voire des jours de préparation. Il ne s’agit donc pas simplement de « mélanger » une poudre achetée, mais de transformer la roche en couleur utilisable. Une quantité de peinture supérieure à la moyenne Un demi-godet industriel contient environ 1,5 ml. Mes godets contiennent généralement entre 4 et 5ml de peinture, soit deux à trois fois plus. Cela signifie plus de pigments, plus de liant, et plus de temps de remplissage — car je procède en plusieurs couches séchées naturellement pour assurer solidité et qualité de réhydratation. Un travail manuel précis à chaque étape Chaque godet de peinture passe par les étapes suivantes : Chaque lot de couleur est testé en conditions réelles pour garantir la transparence, la réactivation, la durabilité et la lumière. Un support durable et écologique : le bois Les godets sont faits de bois imputrescible (chêtaignier, robinier, noyer…), bien plus cher et exigeant à travailler que le plastique. Chaque godet est poncé, traité, gravé et verni à la main. Ils sont pensés pour être réutilisables ou compostables, dans une démarche respectueuse de l’environnement. Le cadre légal d’une auto-entreprise artisanale En tant qu’artisane enregistrée en auto-entreprise, je reverse près de 25 % du chiffre d’affaires en cotisations sociales et fiscales. Chaque vente doit donc couvrir non seulement le matériel et le temps, mais aussi les charges, le matériel d’atelier, les frais postaux, les tests et les pertes. Un prix comparé au marché : cohérent, voire généreux D‘autres artisan(e)s de l’aquarelle naturelle proposent des demi-godets entre 8 et 15 €. Mes godets, souvent deux fois plus grands, sont proposés dans une gamme égale ou inférieure proportionnellement. Autrement dit : plus de matière, plus de travail, pour un tarif très juste. En conclusion : transparence, qualité, et passion Acheter un godet ou un pigment au Lapisorium, c’est acheter du temps, du savoir-faire, et de la matière naturelle transformée avec amour. Rien n’est sous-traité, rien n’est automatisé. Et non, je ne m’enrichis pas sur le dos de mes clients — parce que soyons honnêtes, si l’on pouvait s’enrichir dans l’artisanat, ça se saurait… 🙃 Je ne suis rien de plus qu’une créatrice passionnée, comme tant d’autres, qui essaie de vous proposer des produits en lesquels je crois, tout en essayant d’être juste assez rentable pour que l’aventure puisse continuer. Si l’on divise le prix par les heures de travail, la quantité de matière, la qualité des matériaux et le respect de la nature, alors le coût final est non seulement justifié : il est honnête. Si vous avez la moindre question, n’hésitez pas à m’écrire : je réponds à tous les mails et à toutes les interrogations avec transparence. 💌 Je n’ai strictement rien à cacher dans cette aventure — bien au contraire. Je suis convaincue que la prise de conscience passe par la compréhension, et dans ce projet, le dialogue fait pleinement partie du concept. A très vite 🫶🏽 Nina