Vie ma vie en artisanat

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Mon journal illustré : ce que ça a changé

Pendant longtemps, je me suis dit que je n’avais plus le temps de créer. Ou plutôt. . . pas le temps de créer “vraiment”. Les grands projets. Les illustrations abouties. Celles qui demandent des heures, de la concentration, de l’espace mental. Alors je ne faisais plus rien. Ou presque. Puis, presque sans réfléchir, j’ai commencé un journal illustré. Au départ, c’était simple. Quelques mots. Un petit dessin. Rien de très ambitieux. Pas de pression. Pas d’objectif. Et surtout. . . pas d’attente. Mais derrière ce geste très simple, il y avait autre chose. Quelque chose de plus ancien. Il y a plusieurs années, j’ai eu un accident de voiture avec traumatisme crânien. Et avec lui. . . une mémoire devenue un peu plus fragile. Aujourd’hui encore, j’ai parfois l’impression qu’elle me joue des tours. Qu’elle me glisse entre les doigts plus vite qu’elle ne devrait. C’est étrange, d’avoir 30 ans et de douter de ses souvenirs. De chercher des détails qui ne reviennent pas. Ou de sentir que certaines choses se sont déjà effacées. Alors j’ai pris l’habitude de noter. De garder des traces. D’une manière ou d’une autre. Pas forcément pour tout figer. Mais pour ne pas tout perdre. Parce que vivre les choses, c’est essentiel. Les ressentir, encore plus. Mais s’en souvenir. . . c’est ce qui leur permet d’exister une seconde fois. Et c’est là que mon journal illustré a pris une autre dimension. Une trace, plutôt qu’un résultat Ce journal n’est pas là pour être beau. Ni pour être montré. Il est là pour garder. Un moment. Une sensation. Une pensée. Parfois quelque chose d’infime. Mais qui, sans ça, disparaîtrait. Créer pour ne pas oublier Dessiner une journée, même rapidement, c’est lui donner une forme. Une existence. C’est la sortir du flou. Et lui permettre, plus tard, de revenir. Et ce qui est encore plus beau, c’est de pouvoir illustrer ces moments avec mes propres aquarelles du Lapisorium. Retrouver autrement Il m’arrive de feuilleter des pages anciennes. Et de retrouver des moments que j’aurais oubliés. Des détails. Des émotions. Comme si une version passée de moi avait pris le relais, au cas où. Accepter une autre manière de créer Ce n’est pas une grande œuvre. Ce n’est pas spectaculaire. Mais c’est constant. Présent. Et profondément nécessaire. (Easier said than done. . . mais finalement, ça tient.) Une mémoire vivante Ce journal n’est pas seulement un espace créatif. C’est une mémoire extérieure. Une façon de conserver ce que je vis, quand ma propre mémoire ne suffit pas toujours. Aujourd’hui, je ne dirais pas que j’ai retrouvé “le temps de créer”. Mais j’ai retrouvé quelque chose de plus essentiel. Une manière de rester en lien avec ce que je vis. De ne pas le laisser disparaître complètement. Et peut-être que créer, finalement, ce n’est pas seulement produire. C’est aussi. . . se souvenir. ✨ Nina Alchimiste du Lapisorium

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Revenir après une pause : ce que j’ai compris du silence

Comme vous avez sûrement pu le remarquer, depuis janvier, je me suis faite beaucoup plus discrète. Bon. . . en réalité, j’étais carrément absente. Disparition officielle. Rideau. Silence radio. Et à vrai dire, moi-même, je ne sais pas exactement ce qui s’est passé. Mais j’ai l’impression qu’une prise de conscience s’est installée. Doucement. . . puis d’un coup. Sur beaucoup de choses. Comme je le dis souvent :  » Savoir ce que l’on veut, c’est bien. Mais savoir ce que l’on ne veut pas, c’est encore plus important. » Ces derniers mois, ma vie personnelle a pris beaucoup plus de place que ma vie professionnelle. Je le vois notamment à mon compte Instagram personnel, bien plus actif que ces deux dernières années. (Comme quoi, j’étais vivante. Juste ailleurs.) J’avais besoin de revenir à la base. Depuis l’été dernier, la boutique a littéralement explosé. Et je me suis retrouvée embarquée dans un rythme de travail. . . disons. . . sportif. Très sportif (mais sans l’échauffement.) Bien loin de ce que le Lapisorium représentait à l’origine pour moi. Car le Lapisorium a toujours été. . . plus qu’un travail. Une passion. Un espace de création. Un laboratoire d’exploration. Et surtout, quelque chose qui ne devait jamais devenir une obligation. Et pourtant, malgré toutes les bonnes intentions du monde. . . quelque chose a glissé. À partir du moment où ce n’est plus un plaisir, l’envie disparaît. Et ces derniers mois, ne pas travailler pour le Lapisorium est devenu source de stress terrible. Ce qui est, vous en conviendrez, un comble assez impressionnant. Le Lapisorium reste un plaisir. Mais depuis janvier, le temps que je lui ai consacré a été bien moindre. Non pas par manque d’envie. Mais par manque très concret de temps. (Les journées n’ont toujours pas accepté de passer à 48h, j’ai vérifié.) Ma vie personnelle s’est accélérée. Les projets pour 2026 se sont enchaînés. Et j’ai cette sensation très forte que cette année sera dense, riche, intense. . . et probablement un peu chaotique. Mais dans le bon sens du terme. En parallèle, je travaille actuellement sur un nouveau projet pour le Lapisorium, qui viendra faire évoluer l’apparence des godets d’aquarelle. L’essence de la marque restera la même, bien sûr, avec toujours cette attention portée aux matériaux durables. Mais l’esthétique va évoluer, et l’organisation aussi. . . pour me simplifier la vie. Mais surtout, cette période m’a obligée à revenir à l’essentiel. Pourquoi ai-je créé le Lapisorium ? Au départ, il y avait une curiosité. Scientifique et artistique. L’envie de créer mes propres pigments. De fabriquer ma propre peinture, pour des raisons écologiques, mais aussi pour comprendre, expérimenter, explorer. Puis est venue l’envie de partager. Parce que cette peinture minérale artisanale est, à mes yeux, profondément en phase avec notre époque. Mais à l’origine. . . je l’ai créé égoïstement pour moi. Pour nourrir ma créativité. Pour ne jamais manquer de matière pour mes propres projets artistiques. Et aujourd’hui, force est de constater que cette part-là a presque disparu. Ma production personnelle a drastiquement diminuée, pour ne pas dire complètement disparue. Les grands projets d’illustration ont laissé place à la production pour la boutique. Seul mon journal illustré m’a permis de garder un fil. Une présence créative quotidienne. Même petite. Même imparfaite. Mais ce n’est pas suffisant. Je ne veux pas que le Lapisorium devienne une contrainte. Ni une source de pression. Je veux qu’il reste ce qu’il a toujours été : un espace de création, de recherche, d’alchimie. Alors aujourd’hui, j’ai réfléchis à une nouvelle organisation. Peut-être ouvrir la boutique ponctuellement, une semaine par mois, par exemple, et la fermer le reste du temps. Pour retrouver un équilibre. Pour respirer. Et surtout. . . pour créer à nouveau. Vraiment. Je serais très curieuse d’avoir vos retours sur cette idée. La bonne nouvelle, c’est que si je vous raconte tout ça aujourd’hui, c’est que j’ai fait le point, remis les choses à leur place. . . et que je suis de retour. À très vite, Nina, alchimiste du Lapisorium ✨

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Se perdre dans la création (et s’y retrouver… plus ou moins)

Créer, c’est merveilleux… et épuisant. Parce que quand l’imagination démarre, elle ne s’arrête plus. Une idée en amène dix, qui en amènent cent, et à la fin, il n’y a plus de place dans la tête (ni sur l’établi, ni sur la table, ni sur le plan de travail… bref, le chaos créatif total). Sommaire :  Le vertige de l’infini (ou comment avoir 100 idées avant le café) Il m’arrive souvent de me réveiller avec une idée de palette, puis une autre dans la douche, une autre en préparant le café, et une dernière pendant que j’envoie un mail — résultat : aucune n’est encore commencée, mais toutes existent dans ma tête. On dit que les limites brident la créativité. Franchement ? Je crois que c’est l’inverse. L’absence de limites, c’est le vrai piège. C’est comme être lâché dans un magasin de pigments sans panier. Tu veux tout, tu prends tout, et au final. . . tu ne sais plus quoi faire de tout ça (et tu finis couvert de poussière colorée en te disant “bon, on verra demain”). Le bois : la ressource (et la tentation permanente) J’ai choisi le bois comme matière principale, d’abord pour des raisons durables, mais aussi parce que c’est beau, noble, (et que ça sent bon l’atelier!) Sauf qu’avec le bois, c’est comme avec les couleurs : on ne s’en lasse jamais! Chaque essence a sa personnalité : le chêne qui fait le costaud, le noyer qui frime un peu, le hêtre tout doux, le châtaignier rustique, le teck qui se sent unique et exotique. . . et forcément, j’ai envie de tous les essayer, tous les intégrer à mes projets. Résultat : Je passe mon temps à imaginer de nouvelles palettes : plus petites, plus grandes, plus fines, plus foncées, plus claires, plus rondes, pas rondes du tout. Bref, si vous saviez le nombre de prototypes qui dorment dans un coin, vous comprendriez pourquoi je dis souvent que l’atelier est vivant (et légèrement envahi). Mais j’aime ça. J’aime penser que chaque bois peut raconter une histoire différente. Et j’imagine chacun de vous avec votre propre palette : – le globe-trotter qui peint sur un rocher (et finit avec du sable dans ses godets), – l’urbansketcher qui dégaine son pinceau au café, – le rêveur qui peint au calme, les cheveux dans la lumière, avec un chat qui s’installe pile sur la feuille encore humide. Oui, chacun son bois, chacun ses couleurs, chacun ses drames créatifs. Trop d’idées, pas assez de mains (le grand classique) Le vrai problème quand on a trop d’idées, c’est. . . qu’on a toujours l’impression d’en rater une. On veut tout faire, tout explorer, tout tester. Et au final, on finit par ne rien commencer du tout. Ça peut être pareil en dessin, en peinture. . . Bienvenue dans le club très fermé de la page blanche artisanale. C’est ce moment où tu regardes ton établi, les matériaux, le bois, les pigments, et tu bloques. Parce qu’il y a TROP. Trop de possibilités, trop de directions, trop de “et si je faisais plutôt…”. Et soyons clairs : à ce stade, même faire du tri dans les pinceaux devient une excuse acceptable pour procrastiner. Alors j’ai appris une chose essentielle : Les limites, ce n’est pas un frein. C’est une rampe de lancement. Sans elles, on se perd dans l’infini. Avec elles, on avance vraiment. (Bon, lentement parfois, mais au moins, on avance dans une direction qui a un nom.) Ma solution : créer en éditions limitées (sinon, je disparais dans la sciure) Je ne fais pas de pièces uniques, mais des éditions limitées. Pourquoi ? Parce que sinon, je ne m’en sors pas. 😅 Faire une série, c’est donner à une idée un espace pour exister, puis la laisser vivre sa vie pendant que la suivante arrive en coulisse. C’est aussi une manière de canaliser le flot d’idées sans l’étouffer. Je peux tester, explorer, recommencer — mais dans un cadre clair. Et puis entre nous, ça garde aussi une part de fraîcheur : les séries changent, se renouvellent, évoluent. C’est mon compromis entre liberté et structure. Parce que si je me laissais vraiment aller, je crois que je fabriquerais des palettes 24h/24, jusqu’à finir engloutie sous une montagne de copeaux et de cailloux broyés. La beauté du chaos (et des différences) Ce que j’aime dans ce métier, c’est qu’il n’y a pas UNE façon de faire. Il y en a autant que de créateurs. Certains adorent la rigueur, d’autres le hasard total, certains ont trois palettes bien rangées, d’autres (comme moi) en ont quinze, un peu partout. Et c’est ça qui est beau. Nos différences font notre richesse. Nos envies, nos besoins, nos gestes, nos couleurs. Si tout le monde peignait pareil, le monde serait d’un ennui mortel. Alors oui, on se perd parfois dans la création. On doute, on recommence, on râle, on refait. Mais si au bout du chemin, on finit par créer quelque chose qui nous ressemble — même un peu — alors le jeu en valait la chandelle. Et franchement, se perdre dans les bois (au sens propre comme au figuré), ça a parfois du bon. Surtout quand on en ressort avec une palette qui sent la résine et l’idée fraîche. 🌿 En conclusion : trouver son équilibre Créer, c’est comme marcher sur un fil entre folie et beauté. Il faut accepter de ne pas tout maîtriser, de parfois se perdre, de recommencer encore et encore. Mais c’est justement là, dans ces allers-retours entre chaos et clarté, que la magie se cache. Alors si vous aussi vous avez mille idées à la minute : respirez, notez-en deux ou trois, commencez-en une, et gardez les autres pour demain. (Spoiler : demain, vous en aurez dix nouvelles de toute façon.) 💡 Moralité ? Les limites ne sont pas là pour freiner la créativité. Elles sont là pour qu’on ne se transforme pas en boule de nerfs recouverte de pigments et de copeaux de bois. Et ça,

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Il faut qu’on parle : des prix !

Pourquoi un godet d’aquarelle du Lapisorium coûte ce prix : aujourd’hui je t’emmène avec moi pour une plongée dans les coulisses de la création artisanale . . . ☀️ Lorsqu’on découvre les godets d’aquarelle du Lapisorium, on remarque peut remarquer : des couleurs profondes, naturelles, issues de pigments minéraux fabriqués à la main. Des godets en bois noble, gravés avec soin. Et pourtant, certains s’interrogent sur leur prix. Le prix est énoooorme ! Beaucoup trop cher. . . Est-il vraiment justifié ? La réponse est un oui clair, et voici pourquoi, je vais t’expliquer de façon transparente ce que tu paies quand tu achètes dans le Lapisorium. Je ne les achète pas : je les fabrique Contrairement à la plupart des fabricants d’aquarelle qui achètent des pigments prêts à l’emploi, au Lapisorium je fabrique moi-même les pigments à partir de roches brutes, de terres et de minéraux naturels. Cela implique : Chaque pigment demande plusieurs heures, voire des jours de préparation. Il ne s’agit donc pas simplement de « mélanger » une poudre achetée, mais de transformer la roche en couleur utilisable. Une quantité de peinture supérieure à la moyenne Un demi-godet industriel contient environ 1,5 ml. Mes godets contiennent généralement entre 4 et 5ml de peinture, soit deux à trois fois plus. Cela signifie plus de pigments, plus de liant, et plus de temps de remplissage — car je procède en plusieurs couches séchées naturellement pour assurer solidité et qualité de réhydratation. Un travail manuel précis à chaque étape Chaque godet de peinture passe par les étapes suivantes : Chaque lot de couleur est testé en conditions réelles pour garantir la transparence, la réactivation, la durabilité et la lumière. Un support durable et écologique : le bois Les godets sont faits de bois imputrescible (chêtaignier, robinier, noyer…), bien plus cher et exigeant à travailler que le plastique. Chaque godet est poncé, traité, gravé et verni à la main. Ils sont pensés pour être réutilisables ou compostables, dans une démarche respectueuse de l’environnement. Le cadre légal d’une auto-entreprise artisanale En tant qu’artisane enregistrée en auto-entreprise, je reverse près de 25 % du chiffre d’affaires en cotisations sociales et fiscales. Chaque vente doit donc couvrir non seulement le matériel et le temps, mais aussi les charges, le matériel d’atelier, les frais postaux, les tests et les pertes. Un prix comparé au marché : cohérent, voire généreux D‘autres artisan(e)s de l’aquarelle naturelle proposent des demi-godets entre 8 et 15 €. Mes godets, souvent deux fois plus grands, sont proposés dans une gamme égale ou inférieure proportionnellement. Autrement dit : plus de matière, plus de travail, pour un tarif très juste. En conclusion : transparence, qualité, et passion Acheter un godet ou un pigment au Lapisorium, c’est acheter du temps, du savoir-faire, et de la matière naturelle transformée avec amour. Rien n’est sous-traité, rien n’est automatisé. Et non, je ne m’enrichis pas sur le dos de mes clients — parce que soyons honnêtes, si l’on pouvait s’enrichir dans l’artisanat, ça se saurait… 🙃 Je ne suis rien de plus qu’une créatrice passionnée, comme tant d’autres, qui essaie de vous proposer des produits en lesquels je crois, tout en essayant d’être juste assez rentable pour que l’aventure puisse continuer. Si l’on divise le prix par les heures de travail, la quantité de matière, la qualité des matériaux et le respect de la nature, alors le coût final est non seulement justifié : il est honnête. Si vous avez la moindre question, n’hésitez pas à m’écrire : je réponds à tous les mails et à toutes les interrogations avec transparence. 💌 Je n’ai strictement rien à cacher dans cette aventure — bien au contraire. Je suis convaincue que la prise de conscience passe par la compréhension, et dans ce projet, le dialogue fait pleinement partie du concept. A très vite 🫶🏽 Nina